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Sécurité nationale: le Canada n’est pas préparé pour faire face aux menaces

STELLANTIS-CANADA/

Photo Reuters

Le Canada n’est «pas prêt» à faire face aux menaces de plus en plus croissantes venant de l’extérieur et devrait revoir sa politique en matière de sécurité nationale, selon un récent rapport d’experts sur le sujet.

Le pays serait devenu négligent pour la protection de sa sécurité nationale, notamment pour contrer l’agression russe, l’influence de plus en plus importante de la Chine et la montée de l’extrême droite au Canada.

«Le Canada n’est pas prêt à affronter ce nouveau monde. En tant que pays, nous devons de toute urgence repenser la sécurité nationale», est-il possible de lire dès la première page de ce rapport publié mardi.

Quatre anciens conseillers en sécurité nationale, deux directeurs du Service canadien du renseignement de sécurité, des ambassadeurs et des sous-ministres à la retraite ainsi que des universitaires ont contribué à cette étude de l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.

Et leur premier constat est que l’invasion russe en Ukraine démontre les menaces directes qui pèsent sur les intérêts du Canada. La Chine pourrait également représenter un défi à plus long terme, d’après les experts.

«La Chine et la Russie continueront de représenter une menace importante pour le Canada par l’ingérence étrangère, la désinformation, l’espionnage, la diplomatie des otages et les cyberattaques», est-il expliqué.

«Notre absence de réponse ferme présente en outre un risque sérieux pour nos alliés et pourrait affecter les relations avec eux en matière de sécurité et de renseignement», a-t-il été précisé.

Les menaces ne viendraient pas seulement de l’international, puisqu’un examen approfondi de la montée de l’extrême droite au Canada et aux États-Unis est aussi recommandé après les événements du convoi de la liberté au début de l’année.

«Cela n’a peut-être pas représenté une ingérence étrangère au sens classique du terme, puisque ce n’était pas le fait d’un gouvernement étranger. Mais elle a représenté, sans doute, une plus grande menace pour la démocratie canadienne que les actions de tout État autre que les États-Unis», est-il souligné.

«Ce sera un défi important pour nos agences de sécurité nationale et de renseignement de surveiller cette menace puisqu’elle émane du même pays qui est de loin notre principale source de renseignements.»

En plus de rejoindre des pactes de sécurité à l’international, le rapport suggère que le Canada adopte les mêmes outils d’espionnage modernes utilisés par ses partenaires des «Five Eyes», soit les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

«Le Canada ne peut s’isoler des menaces nombreuses et variées qui pèsent sur la sécurité nationale. Notre maison “à l’épreuve du feu” a disparu. Il doit en être de même de notre complaisance», ont conclu les spécialistes.

Le Canada doit «rester très vigilant»

Interrogé à ce sujet, le premier ministre canadien Justin Trudeau a reconnu que le pays est confronté à de nouvelles menaces qui n’existaient pas il y a plusieurs années, en raison de la désinformation et de la mésinformation sur les médias sociaux.

«Nous nous devons de rester très vigilants, on voit une montée de racisme, une montée de terrorisme de droite», a-t-il soutenu lors d’un point de presse mardi à Vancouver, en Colombie-Britannique.

«Nous avons besoin de nouveaux outils, c’est pour ça que nous investissons dans nos institutions de sécurité pour nous doter de nouvelles façons de garder les gens en sécurité», a avancé le premier ministre.

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