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Le tueur du Texas, un adolescent isolé en rupture scolaire

L'auteur de la tuerie à Uvalde mardi était un adolescent de 18 ans en conflit familial, isolé et en décrochage scolaire qui a acheté deux fusils d'assaut, tué 19 enfants et deux enseignants avant d'être abattu par la police, un massacre qu'il avait annoncé par message privé sur Facebook.

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Identifié comme Salvador Ramos, le jeune Américain avait grandi dans cette ville du sud-ouest du Texas.

Sans casier judiciaire ni problème psychologique connus à ce stade, «il n'y avait pas vraiment de signe avant-coureur de son crime», a-t-il estimé mercredi lors d'une conférence de presse le gouverneur de l'État, Greg Abbott.

Le 17 mai, au lendemain de ses 18 ans, il achète un fusil d'assaut semi-automatique. Le surlendemain, 375 cartouches. Et le 20 mai, il acquiert un second fusil, a détaillé mercredi le chef du département de la sécurité publique du Texas, Steven McCraw.

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Deux armes apparaissent alors sur un compte Instagram qui semble le sien, désactivé depuis.

On y voit un jeune homme à la peau pâle et aux cheveux noirs mi-longs tombant jusqu'au cou, dans une photo face à un miroir. Un autre cliché le montre plus sombre encore, le regard absent, habillé d'un pull à capuche gris.

Sur une publication, il tient un chargeur d'arme à feu.

Mardi, Salvador Ramos a semé l'horreur dans une école d'Uvalde, provoquant l'une des pires tueries de ces dernières années aux États-Unis, avant d'être tué par la police.

«Bégaiement» 

Vers 11H30 mardi (16H30 GMT), équipé d'un gilet pare-balles dans lequel il a stocké plusieurs chargeurs et d'un fusil, Salvador Ramos se précipite à l'intérieur de l'école, s'enferme dans une salle de classe et tue 19 enfants et les deux enseignants.

Mais avant de se rendre dans cette école, il a tiré sur sa grand-mère de 66 ans puis s'est enfui.

Selon Greg Abbott, il a annoncé sur Facebook --par messages privés, a précisé la plateforme-- qu'il allait tirer sur sa grand-mère, puis qu'il l'avait fait.

«Le troisième message, sans doute moins de 15 minutes avant d'arriver à l'école, disait: “Je vais ouvrir le feu dans une école primaire”», a précisé M. Abbott. 

AFP

 

Salvador Ramos vivait chez sa grand-mère, ont confirmé les autorités mercredi, car, selon des proches cités par les médias américains, il s'était rapproché d'elle après des disputes avec sa mère.

Le tireur présumé se plaignait auprès de sa grand-mère qu'il ne voulait plus aller en cours, raconte auprès du Washington Post une cousine, Mia. «Il n'était pas vraiment quelqu'un de très social depuis qu'il a été harcelé en raison de son bégaiement», ajoute-t-elle.

«Il se faisait harceler très durement, et par beaucoup de monde», témoigne aussi auprès du quotidien un ancien ami proche, Stephen Garcia.

«Sept chargeurs» 

Isolé, il sèche les cours et décroche progressivement du lycée. Salvador Ramos se fait des scarifications au visage avec un couteau, raconte un autre ado qui le connaît depuis l'école maternelle primaire.

Il travaille pendant un an dans un restaurant-minute Wendy's avant de partir il y a un mois. «Il n’échangeait pas vraiment avec les autres employés», a dit son patron à CNN.

Ces éléments de personnalité le rapprochent d'autres auteurs de massacres scolaires, comme ceux de Parkland, en Floride, en 2018 (17 morts) ou de Columbine, dans le Colorado, en 1999 (13 morts): rupture scolaire et sociale, fascination des armes, conflit avec la famille...

Salvador Ramos joue également beaucoup aux jeux vidéo, notamment ceux de combat comme Fortnite ou Call of Duty, relève un proche auprès du New York Times, Jeremiah Munoz.

Le week-end avant le drame, ce dernier dit avoir reçu de Salvador Ramos deux photos de fusils d'assaut, similaires à ceux postés sur Instagram.

«Il y a quatre jours,» se souvient auprès de CNN un autre ancien camarade de classe du tireur souhaitant rester anonyme, «il m'a envoyé une photo de l'AR (le type de fusil d'assaut employé mardi) qu'il utilise... et un sac à dos plein de munitions de 5.56, probablement quelque chose comme sept chargeurs».

«Je disais “mec, pourquoi t'as ça?”, et il m'a lancé “ne t’inquiète pas”».

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