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Une mère et un fils ukrainiens bloqués par la bureaucratie

Une mère et son fils d'origine ukrainienne en attente de s'installer au Saguenay sont bloqués à Paris depuis plusieurs semaines.

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Tout est pourtant en place pour les accueillir et les accompagner dans leur nouvelle vie. Mais Valentia et Vladislav, qui devaient atterrir au Saguenay en début mai, se butent à la bureaucratie.

Anastasia Derkach, elle-même établie au Saguenay depuis près de deux ans, communique tous les jours, ou presque, avec sa belle-mère et le fils de huit ans de cette dernière. «Elle est très triste, et ne comprend pas pourquoi c'est si long», indique-t-elle.

Les deux ressortissants avaient quitté leur pays bombardé en direction de la France, et s'apprêtaient à prendre leur vol à Paris.

«Les autorités se sont aperçues que le passeport de l'enfant était expiré depuis deux semaines», explique Jean Martel, de Solidarité Jonquière-Ukraine. «On ne les a pas laissés embarquer dans l'avion, en leur disant qu'ils auraient des problèmes pour entrer au Canada.»

L'Ukraine a prolongé le passeport de l'enfant en moins d'une heure. Le nouveau document a été acheminé aux autorités canadiennes. Depuis, aucune évolution.

«Ils ont reçu un accusé de réception, mais c'est tout», déplore Jean Martel.

«Il semble que le dossier a été transféré au bureau canadien de Londres, qui est inondé de demandes», précise le député bloquiste de Jonquière Mario Simard.

Les appels pressants au bureau du ministre responsable de Citoyenneté et Immigration Sean Fraser sont restés lettre morte.

«Citoyenneté et Immigration éprouve des problèmes de fonctionnement depuis deux ans», dénonce le bloquiste. «Quand un ministre n'est pas capable de faire débloquer un dossier d'un réfugié d'un seul coup de téléphone, c'est qu'il y a un sérieux problème !»

«C'est une question de paperasse, alors que le gouvernement avait parlé de procédures allégées», renchérit Jean Martel. «C'est un désastre sur le plan humain, et ça ajoute une tension inutile !»

«Je suis très nerveuse et j'en dors mal», reconnaît Anastasia Derkach.

La consolation, c'est que le père de madame Derkach et mari de Valentia, qui était demeuré dans sa ville de Rivni en Ukraine pour combattre les Russes, se trouve maintenant en Slovaquie.

Il voudrait lui aussi gagner le Saguenay.

«Mon père a un visa», dit madame Derkach. «Mais il va peut-être vouloir attendre sa conjointe avant de venir...»

L'Ukrainienne d'origine établie à Jonquière depuis environ deux ans espère un dénouement favorable, avant que sa belle-mère ne se décourage devant la lenteur des procédures.

«Où va-t-elle aller si elle ne vient pas maintenant ? En Ukraine ? Mais c'est impossible en raison de la guerre...»

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