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La loi sur l’aide médicale à mourir pas adaptée en cas de démence

Les personnes âgées atteintes de démence risqueraient d'être euthanasiées de façon précipitée, selon un comité de médecin opposé à l'élargissement de la loi sur l'aide médicale à mourir (AMM).

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«Lorsque le patient deviendra inapte, l’AMM sera pratiquée, non pas à la demande autonome du patient, mais parce qu'un tiers estimera que sa souffrance est intolérable», a dénoncé le comité des médecins contre l’euthanasie, via communiqué jeudi.

Le projet de loi 38 exige que les professionnels de la santé qui diagnostiquent une démence facilitent les demandes anticipées d’AMM en aidant les patients nouvellement diagnostiqués à décrire le type de souffrance future qu'ils considèrent comme intolérable.

Or, selon le comité, «il est impossible de donner un consentement libre et éclairé à l'avance pour une intervention active qui donne la mort, surtout dans de telles circonstances.»

Le manque de ressources risquerait de précipiter les évaluations et les décisions des médecins.

«Les maisons de soins palliatifs, qui sont financées principalement par des dons privés, seront tenues d'euthanasier des patients sans tenir compte de leur propre politique et de leur code d'éthique. Cela éliminera les seuls espaces sécuritaires qui restent au Québec où la majorité des personnes qui ne veulent pas de l’AMM peuvent recevoir des soins palliatifs sans craindre d'être poussées à la demander ou de la recevoir sans consentement», a déploré le comité.

«Les auteurs de ce texte n'ont manifestement aucune idée de la réalité des soins de santé au Québec. La démence est de plus en plus souvent diagnostiquée par les médecins de famille. Les cliniques spécialisées pour les troubles cognitifs sont obligées de poser un diagnostic et de renvoyer les patients aux soins de première ligne pour le suivi. Les conseils et la réflexion approfondis exigés par le projet de loi ne feront que détourner les ressources disponibles déjà limitées.»

Ce projet de loi qui reposerait sur une culture capitaliste et âgiste viserait «à calmer les craintes des adultes bien portants au détriment de leur futur moi».

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