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Annulation du salon du cannabis : CanEmpire ira ailleurs qu’au Québec

Awa Diagne (à droite), présidente de CanEmpire, en compagnie de Véronique DeBonville (à gauche), cofondatrice de CanEmpire.

Photo Stevens LeBlanc

Awa Diagne (à droite), présidente de CanEmpire, en compagnie de Véronique DeBonville (à gauche), cofondatrice de CanEmpire.

Forcée d’annuler son événement principal la semaine dernière, l’organisatrice du premier salon du cannabis de Québec accuse maintenant le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’avoir signé l’arrêt de mort des spectacles d’humour et de musique qu’elle tentait toujours d’offrir ce week-end.  

«Horrifiée, dégoûtée et en colère», l’équipe de CanEmpire dénonce l’hypocrisie du gouvernement dans ce dossier. 

«La censure qui entoure le cannabis est aberrante. Les agissements du gouvernement sont complètement inacceptables du début à la fin», explique la présidente Awa Diagne. 

Annulation complète

Malgré le retrait de toute référence au cannabis, le ministère de la Santé aurait de nouveau menacé le Centre des congrès de Québec, qui devait accueillir les spectacles encore prévus samedi. 

Le Centre des Congrès a donc choisi d’annuler l’activité à 48 heures de l’événement. Le spectacle avec l’humoriste Jérémy Demay, suivi de prestations musicales de Souldia et Alaclair Ensemble n’auront pas lieu.  

Les détenteurs de billets seront automatiquement remboursés. CanEmpire parle de «méthodes abusives» qui auront de lourdes conséquences financières pour leur organisation.  

«Ce n’est pas une façon d’agir avec une entreprise de la diffamer, d’aller convaincre ses partenaires de résilier son entente et de refuser de nous parler. On ne comprend pas l’acharnement», ajoute Awa Diagne. 

CanEmpire persiste à dire qu’il n’y avait aucune promotion du cannabis dans l’événement, mais seulement de l’information aux participants par un volet éducatif.  

Lutte à venir

«Notre vraie lutte commence officiellement aujourd’hui, assez c’est assez ! Notre patience a atteint ses limites», peut-on lire sur un message diffusé en ligne.

Sans vouloir donner de détails, la présidente a simplement précisé que le débat avec le gouvernement pourrait se poursuivre devant les tribunaux. Son équipe a toujours des projets en tête, mais dans d’autres provinces canadiennes. 

La toute première édition du CanFest devait avoir lieu le 28 mai prochain au Complexe Capitale Hélicoptère (CCH). La visite d’un agent du MSSS a cependant tout fait basculer puisque les mises en garde ont fait en sorte que le CCH a mis un terme au contrat le liant au CanFest. 

La semaine dernière, l’organisatrice affirmait n’avoir reçu aucun avis de non-conformité parce que rien n’a été jugé illégal.  

«On n’était pas d’accord avec les lois qui encadrent le cannabis mais nous avons décidé de les suivre pour notre événement, pour faire avancer les choses intelligemment. Malgré tout, on se retrouve avec le même résultat que si nous avions annoncé un party pour fumer du cannabis», termine Awa Diagne. 

Ce que dit la loi encadrant le cannabis  

Article 52 : Il est interdit d’associer à une installation sportive, culturelle ou sociale, à une installation maintenue par un établissement de santé ou de services sociaux ou à un centre de recherche un nom, un logo, un signe distinctif, un dessin, une image ou un slogan associé au cannabis, à une marque de cannabis, à la Société québécoise du cannabis ou à un producteur de cannabis. 

Quiconque contrevient aux dispositions du premier alinéa ou du deuxième alinéa commet une infraction et est passible d’une amende de 5 000 $ à 500 000 $. En cas de récidive, ces montants sont portés au double.  

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