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Peine réduite de Bissonnette: des réactions mitigées à Ottawa

La décision de la Cour suprême de maintenir à 25 ans sans libération conditionnelle la peine de prison d’Alexandre Bissonnette, responsable de l’attaque à la grande mosquée de Québec, a suscité des réactions très différentes du côté des partis d’Ottawa, quelques heures après la publication du jugement.

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Ce verdict du plus haut tribunal du pays empêche le cumul des peines consécutives, qui avait été rendu possible par des changements effectués dans le Code criminel par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2011.

«L’horreur des crimes ne nie pas la proposition fondamentale que tous les êtres humains portent en eux la capacité de se réhabiliter», est-il possible de lire dans le jugement d’une centaine de pages rendu vendredi.

Le ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti, a réagi à cette nouvelle en début d’après-midi.

«Notre position était claire: nous avons reconnu le pouvoir discrétionnaire du juge d'imposer une période d'inadmissibilité plus longue, le cas échéant. Cependant, nous respecterons la décision de la Cour et examinerons attentivement ses implications et la voie à suivre», a-t-il déclaré.

Il a aussi souligné «la douleur et la colère» qui pourraient être ravivées chez les familles des victimes de l’attaque du 29 janvier 2017.

Pour les conservateurs Rob Moore et Pierre Paul-Hus, cette décision est «extrêmement décevante».

«Cette décision signifie que des meurtriers de masse comme Alexandre Bissonnette, un homme qui a assassiné sans raison six personnes dans leur lieu de culte, peuvent être libres de circuler dans les rues», ont-ils indiqué dans un communiqué.

La conclusion de la Cour suprême ouvre surtout la voie à d’autres révisions de peine pour des personnes qui ont été condamnées à des peines allant de 25 à 50 ans, comme cela pourrait être le cas pour Justin Bourque, qui avait obtenu 75 ans de prison pour le meurtre de trois policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Moncton.

«C’est inacceptable. Les pires meurtriers du Canada doivent rester enfermés derrière les barreaux. [...] En outre, cette décision ne reconnaît pas la valeur et les droits des victimes de ces actes méprisables et permet des peines qui ne reflètent tout simplement pas la gravité de crimes tels que les meurtres de masse», ont statué les deux députés conservateurs.

Plus modéré dans sa réaction, le chef adjoint néodémocrate, Alexandre Boulerice, a tout de même reconnu que «le jugement de la Cour suprême d’aujourd’hui doit être très difficile à entendre» pour la communauté musulmane, encore sous le choc de l’attaque du 29 janvier 2017.

«Le NPD respecte l’indépendance de la Cour, mais en tant que législateurs fédéraux, nous avons la responsabilité d’agir pour nous attaquer de front à la haine et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter qu’une tragédie aussi insensée ne se reproduise», a-t-il ajouté par communiqué.

Le Bloc québécois a de son côté accueilli favorablement le jugement, précisant qu’il «respecte la décision de la Cour suprême, qui concorde avec l’approche du système de justice québécois, axé sur la possibilité des individus de se réhabiliter».

Rappelons que le responsable de l’attaque avait d’abord été condamné à une peine d’emprisonnement de 40 ans sans libération conditionnelle, avant que celle-ci soit abaissée à 25 ans par un jugement de la Cour d’appel. Québec avait cependant contesté cette décision, amenant la cause devant la Cour suprême.

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