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«J’sais pas comment, j’sais pas pourquoi» : Yvon Deschamps bouleversé par Guylaine Tremblay

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Au terme d’une première montréalaise très courue du spectacle «J’sais pas comment, j’sais pas pourquoi», dans lequel elle rend un hommage sincère et émouvant à Yvon Deschamps, présenté, vendredi, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, Guylaine Tremblay a reçu les félicitations du pionnier de l’humour.

Yvon Deschamps a même fait une entorse à sa retraite publique pour assister à ce spectacle. «Je suis totalement bouleversé, a-t-il confié au terme de la soirée. Ça fait beaucoup d’amour à engranger et beaucoup de souvenirs. Ça réveille toute ma vie. Chaque bout de chanson, je me souviens où j’étais quand je l’ai écrit. En plus, d’être ici à Maisonneuve où j’ai joué plus de 500 fois, ça brasse beaucoup.» Yvon Deschamps s’est aussi dit chamboulé par l’amour que lui porte Guylaine Tremblay depuis tant de temps. «C’est assez incroyable, je suis bouche bée.»

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

À sa manière

Guylaine Tremblay a construit son spectacle comme une autobiographie croisée avec les chansons d’Yvon Deschamps. «Il est comme un professeur qui nous regarde avec un œil autant sensible que moqueur, annonce-t-elle dès le début du spectacle. Je veux aussi partager mon amour pour Yvon Deschamps, mon admiration pour les chansons si belles et si sensibles qu’il a écrites, tout en vous parlant un peu de moi.»

Pour commencer, elle évoque son enfance dans Charlevoix, raconte des anecdotes, met en scène les personnages colorés de sa famille, et décrit avec tendresse la lettre d’amour qu’elle a envoyée à Yvon à l’âge de huit ans, une séquence ponctuée de chansons comme «La vie», «Le bonheur» ou «Hier».

Entourée de quatre musiciens (Jean-Fernand Girard au piano, Michael Pucci à la guitare, Patricia Deslauriers à la basse et contrebasse, et Francis Covan au violon et accordéon), Guylaine Tremblay ne se prend pas pour une chanteuse, mais elle défend parfaitement les textes qu’elle a choisi d’interpréter. On savait déjà qu’elle était capable de pousser la note, on a pu l’apprécier par le passé, notamment dans «Belles-Sœurs».

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Elle évoque ensuite longuement sa grand-mère, avec qui elle a partagé la même chambre pendant des années. Après le départ de son dernier fils, cette dernière a fait une dépression. Un soir, en regardant le spectacle d’Yvon Deschamps à la télé, elle a alors revu sa grand-mère pleurer de rire. Guylaine a longtemps cru qu’Yvon l’avait sauvé de sa tristesse.

Plus tard, elle évoque sa rencontre avec Robert Lepage, son audition rocambolesque pour le conservatoire de Québec, son amour pour Donald Lautrec ou encore son envie profonde d’être utile dans la vie. Chaque tranche de vie est prétexte à faire rire ou à émouvoir le public, et à introduire des chansons comme «L’amour quand tu es là» ou «Tu te vantes».

Rire ou pleurer

Guylaine Tremblay rappelle qu’Yvon Deschamps «nous a appris à nous aimer, à rire de nous, à passer facilement du rire aux larmes et, dernièrement, il nous a aussi appris à être vieux.»

Elle enchaîne avec une série d’anecdotes sur des funérailles drôlissimes de plusieurs membres de sa famille. «Rire pour ne pas pleurer», conclut-elle avant d’entonner la populaire «Aimons-nous», une chanson qui reste très actuelle.

Elle nous permet aussi de revisiter des chansons qui sont restées dans toutes les mémoires comme «Les fesses», et d’autres un peu oubliées, comme les attendrissantes «Oublions» et «Papa».

Même si elle chante une quinzaine de chansons au cours de la soirée, Guylaine Tremblay démontre encore une fois qu’elle est surtout une formidable comédienne, doublée d’un véritable talent comique pour raconter des histoires.

Guylaine Tremblay est encore en tournée avec son spectacle «J’sais pas comment, j’sais pas pourquoi» jusqu’à la fin de l’automne.

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