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La cession de bail, une pratique trop courante?

Les propriétaires immobiliers s'inquiètent du nombre de plus en plus grandissant, selon eux, de locataires qui choisissent de céder leur bail. 

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Selon un sondage de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), un propriétaire sur quatre vivrait une situation de cession de bail, un nombre jamais vu.

«Tout juste l'an passé, on parlait de 10% des propriétaires. Là, ça a bondi complètement à 25%», déclare Benoît Sainte-Marie, directeur général de la CORPIQ, en entrevue à TVA Nouvelles. 

Ce dernier prévient cependant qu’en utilisant cette pratique, les locataires jouent à un jeu dangereux. 

«C'est un phénomène perturbateur, je le dis, pour la qualité des logements et, à moyen terme, pour les prix en vigueur au Québec», dit-il. 

Si les locataires commencent à trop utiliser la cession de bail, les propriétaires pourraient en venir à décider d’augmenter davantage les loyers de leurs locataires, croit M. Sainte-Marie. 

«C'est des propriétaires qui ont été très sympathiques en donnant des petites augmentations [à leur locataire]. Là, le propriétaire va se demander: si le locataire cède son bail et il n’est pas en mesure de retrouver, disons, les sommes qu'il n’a pas nécessairement données en augmentation [à son locataire], il va se dire: "Qu'est-ce que j'ai fait là?"», soutient-il. 

Un outil contre l’inflation

Pour les associations de locataires, la cession de bail est non seulement un droit, mais aussi un outil pour contrer la hausse du prix des loyers.

«La cession de bail, il faut se le dire, c'est prévu dans la loi, c'est un droit que les locataires ont. En période de pénurie de logements, ça peut être utilisé aussi comme stratégie d'entraide. La loi prévoit déjà qu'il y ait une fixation des loyers possible au changement de locataires. Le problème, c'est que même si c'est obligatoire, plusieurs propriétaires, pour ne pas dire une majorité, ne remplissent pas cette section du bail», affirme Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). 

Cette pratique est d’ailleurs très répandue dans les réseaux sociaux, où on retrouve un grand nombre de pages et de comptes dédiés à la cession de bail. 

Certaines entreprises de location immobilière voient aussi une hausse de la popularité des cessions de bail. 

«En fait, clairement, il y a une demande. Les locataires sont prêts à nous appeler pour qu'on puisse les aider dans leur cession de bail», explique David Blouin, président et fondateur de Blouin location immobilière. 

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