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Les finances d'une entreprise saguenéenne affaiblies par les sanctions contre la Russie

Contemplant la possibilité de fermer sa filiale française, l’entreprise saguenéenne STAS a rapporté être extrêmement affectée par les sanctions économiques imposées à la Russie.

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Quand le conflit a commencé, le président de STAS, Louis Bouchard, n'aurait jamais cru que les finances de sa société seraient aussi durement touchées par la guerre, a expliqué ce dernier à TVA.

«On n'a rien vu venir. En l'espace de 48 heures, on est passé de continuité des affaires à un scénario catastrophe très, très rapidement.»

Les sanctions affecteraient STAS par ricochet. De fait, un de ses clients majeurs, le producteur russe d'aluminium Rusal, à qui STAS fournit des équipements depuis 15 ans, n'a plus accès au système de transaction SWIFT lui permettant de payer STAS pour des travaux déjà réalisés.

«On a une perte de revenus de notre chiffre d'affaires de l'ordre de 10M$. Et on a des factures impayées de l'ordre de 2.5 M$, a expliqué Louis Bouchard. Donc, c'est un impact direct sur notre trésorerie et notre capacité de réaliser des projets. Rusal a des sous, de l'argent, mais ils sont dans l'incapacité de nous transférer en raison des sanctions sur le système bancaire et le système SWIFT. On n'est plus capable non plus d'expédier les équipements. Comment fait-on pour effectuer nos mandats ? Comment on fait pour être payé pour le travail qu'on a fait ?», s’est questionné M. Bouchard.

Avec de telles pertes, la fermeture de la filiale française de STAS n'est pas écartée par la compagnie consacrée à la fourniture d’équipement spécialisé pour l'industrie de l’aluminium.« On est dans un processus pour la restructurer financièrement», a affirmé M. Bouchard.

Les emplois au Canada aussi ne sont pas à l'abri. 

«Ça pourrait aller jusque-là, réduire les équipes de travail. L'enjeu, c'est que l'arrêt est arrivé excessivement soudainement. Et cet arrêt soudain là crée un creux dans la chaîne de production», ajoute-t-il.

Une aide d'Ottawa est donc souhaitée. 

«C'est le temps de remettre un peu de pression sur le gouvernement fédéral, croit le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard. Ce qu'il faut faire immédiatement, c'est mettre en place un programme d'accès aux liquidités pour permettre à STAS de se trouver de nouveaux clients, le temps que le conflit se termine. Il reste toujours 200 M$ des contre-tarifs sur l'aluminium que le gouvernement n'a pas redirigé vers le secteur de l'aluminium. Est-ce que c'est une piste de solution ? Les rencontres que nous avons eues se sont soldées par des vœux pieux.»

Louis Bouchard a trouvé désolant que le fédéral ferme la porte. Il souhaiterait qu’il agisse comme lors d’accords de libre-échange en adoptant des mesures compensatoires.

«Le gouvernement est très fermé même à vouloir s'asseoir. Qu'est-ce qu'il pourrait mettre en place pour supporter les entreprises comme STAS ? Le gouvernement canadien a les yeux tournés pour sanctionner et faire mal à la Russie. Il a les yeux tournés vers aider les Ukrainiens et leur peuple et tout ça. Mais il a peu d'écoute pour les impacts qui se situent ici au Canada.»

Est-ce qu'une autre solution passerait par Rio Tinto pour qui STAS est un fournisseur d’équipements depuis plus de 30 ans ? Une sorte de solidarité dans la filière de l'aluminium ?

«On croit que Rio Tinto pourrait nous accompagner et nous aider dans cette démarche-là d'une façon ou d'une autre», estime Louis Bouchard.

STAS évalue avoir un jeu de trois ou quatre mois pour éviter une réorganisation, et envisage peut-être des mises à pied.

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