/news/society

Prime de 120$ par nouveau patient

Québec a prévu un montant forfaitaire pour inciter les groupes de médecine familiale à participer à la nouvelle entente conclue avec leur fédération : ils recevront 120 $ annuellement pour chaque nouveau patient pris en charge. 

• À lire aussi: Québec s’entend avec les médecins pour renforcer la première ligne en santé

• À lire aussi: Les GMF ont échoué: 20 ans plus tard, les patients n'ont pas plus accès aux médecins

Ce montant prévu pour les deux prochaines années s’ajoutera à celui déjà accordé pour rencontrer un nouveau patient, qui s’élève à environ 50 $, a appris notre Bureau parlementaire. 

Invitée à commenter, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) explique que l’enveloppe servira notamment à embaucher des ressources supplémentaires afin de prendre en charge les patients additionnels.

Il pourrait s’agir, par exemple, d’infirmières praticiennes spécialisées ou de secrétaires. 

« Les groupes de médecins vont pouvoir utiliser ces montants-là, s’ils le souhaitent, pour s’engager du personnel », explique le directeur des communications de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.

Les médecins qui refusent de participer à cette nouvelle entente (parce qu’ils ont déjà trop de patients, sont en préretraite ou autres) ne recevront pas de boni pour voir un nouveau patient. Par contre, ils ne perdront « pas un sou », précise M. Dion.  

Rémunération par capitation

Cette nouvelle approche permettra de mettre en place les bases de la rémunération par capitation, soit en fonction de la prise en charge d’un groupe de patients. 

Les sommes seront pigées dans l’enveloppe déjà négociée avec Québec, il ne s’agit pas d’argent neuf. 

« On a décidé, avec le gouvernement, que c’était une priorité de donner accès à des rendez-vous médicaux aux patients qui sont actuellement inscrits au GAMF [Guichet d’accès à un médecin de famille] », explique M. Dion. 

Les médecins en faveur

Selon l’entente conclue entre les médecins omnipraticiens et le gouvernement Legault, les patients orphelins devront dorénavant passer par le Guichet d’accès à la première ligne pour être pris en charge.

Photo Adobe Stock

Selon l’entente conclue entre les médecins omnipraticiens et le gouvernement Legault, les patients orphelins devront dorénavant passer par le Guichet d’accès à la première ligne pour être pris en charge.

Hier, les membres de la FMOQ se sont prononcés à hauteur de 84 % en faveur de l’entente conclue avec Québec.

Celle-ci prévoit entre autres que les patients orphelins devront dorénavant passer par le Guichet d’accès à la première ligne pour être pris en charge, un des éléments centraux du plan du ministre Dubé pour réformer le système de santé. 

Ils seront ensuite inscrits à un groupe de médecine familiale, ce qui signifie qu’ils pourraient être vus soit par un médecin, soit par un autre professionnel de la santé. 

L’entente devrait permettre de prendre en charge progressivement 500 000 Québécois, dont 250 000 pour le 31 juillet.

Ces patients pourront voir un professionnel de la santé, mais pas nécessairement un médecin. 

Les détails de l’entente ne sont pas encore connus, et le cabinet du ministre de la Santé a refusé de commenter.

Mais un calcul rapide sur l’objectif de 250 000 patients pris en charge cet été porte la note à 30 M$ pour l’année en cours. 

Meilleure prise en charge ? 

Avec cette entente, le gouvernement Legault estime qu’un patient pourra être vu dans un délai de 36 à 72 heures, alors que l’engagement de la CAQ en campagne électorale était de 36 heures. 

Le tout sera fait sur une base volontaire de la part des médecins et aucune pénalité n’est prévue. 

Pour le critique libéral Monsef Derraji, l’entente avec la FMOQ n’améliorera pas la prise en charge des patients. 

« Pour moi, ce sont seulement des frais supplémentaires pour pousser les médecins à faire du sans rendez-vous », déplore-t-il.  

Une promesse qui a évolué        

  • En campagne électorale, la CAQ promettait un médecin pour tous les Québécois.      
  • Le gouvernement Legault parle maintenant plutôt d’une prise en charge par un professionnel de la santé (médecin, infirmière, etc.).      
  • Le nouveau guichet d’accès à la première ligne (GAP) permettra d’être dirigé vers le professionnel approprié, en fonction de ses besoins.     
  • Calqué sur un modèle existant au Bas-Saint-Laurent, un GAP sera créé pour chaque région.        

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.