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Ancien bras droit de Trump, Mike Pence tente de sortir de l’ombre

Qui d’autre que Donald Trump pour être le candidat républicain en 2024? Le nom de son ancien vice-président Mike Pence est évoqué avec de plus en plus d’insistance, tant le sexagénaire prend publiquement ses distances avec le milliardaire.

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«Pendez Mike Pence»: le 6 janvier 2021, c’est le nom de cet ancien animateur radio reconverti dans la politique qui est hurlé par des partisans de Donald Trump en train de prendre le Congrès américain d’assaut.

Les manifestants sont furieux que le vice-président, trumpiste de la première heure, n’ait pas accepté de bloquer la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Seize mois plus tard, l’homme politique a décidé de tourner la page.

«Un traître»

Avortement, diplomatie... après des années de loyauté indéfectible à Donald Trump, Mike Pence multiplie depuis des semaines les appels du pied auprès de la droite conservatrice, en se démarquant de celui dont il fut le bras droit sur une série de dossiers.

Mais c’est lundi dernier que Mike Pence a acté le plus frontalement sa rupture avec l’ancien président, en venant faire campagne pour un candidat que Donald Trump avait publiquement répudié lors d’importantes élections primaires en Géorgie.

S’exprimant dans un petit aéroport de la banlieue d’Atlanta, il lance:

«En un peu plus d’un an - pensez-y - l’administration Biden-Harris a déclenché un raz-de-marée de mesures de gauche», donnant l’impression d’un homme déjà tourné vers les élections suivantes, la présidentielle de 2024.

Mais afin de créer une vraie dynamique autour d’une éventuelle candidature, le plus dur reste à faire:

Mike Pence doit s’adonner à un délicat jeu d’équilibriste, qui consiste à prendre ses distances de Donald Trump tout en parvenant à séduire sa base de fidèles, y compris les millions d’Américains toujours convaincus que la présidentielle de 2020 a été «volée» à l’ancien président.

«Il ne s’est pas tenu aux côtés de Trump quand il le fallait», dénonçait à l’AFP Helen Allen, quinquagénaire dans l’État américain de Géorgie. Pour cette raison, elle s’oppose vivement à l’idée que Mike Pence puisse un jour se voir confier les clés de la Maison Blanche.

Pence président? «Bon courage», raillait aussi Jan Sheffield, un autre trumpiste de 66 ans. «C’est un traître, il aurait dû arrêter le cours de l’élection», jugeait-il.

«Chrétien, conservateur, républicain»

Mike Pence paraît encore à mille lieues de se déclarer formellement candidat à la présidentielle de 2024.

Mais il a plus d’une fois refusé d’exclure de se présenter que Donald Trump soit dans la course ou non. À la presse, ce fervent chrétien assure que lui et sa femme Karen prient sur la question et «iront là où nous serons appelés».

Et il multiplie d’ici là les prises de paroles sur des campus universitaires où dans ces États américains qui font et défont les élections. Devant les foules qui viennent l’écouter, il répète une de ses formules fétiches, aux allures de slogan de campagne: «Je suis chrétien, conservateur et républicain et dans cet ordre-là.»

Donald Trump, n’a lui non plus pas encore indiqué s’il comptait tenter à nouveau de briguer un second mandat, bien qu’il paraisse tous les jours de plus en plus candidat.

L’ancien locataire de la Maison Blanche était très largement en tête des intentions de vote pour les candidats républicains en 2024 selon un sondage YouGov paru début mai, avec plus de 55% de soutien.

En seconde position, le gouverneur républicain de Floride Ron De Santis à 26%. Mike Pence lui n’est pour l’instant qu’à 7%.

Un scénario qui peut d’ores et déjà être écarté: le retour du ticket «Trump-Pence» de 2016, ce que l’ancien président a déjà exclu.

«Je ne pense pas que les gens pourraient accepter ça», a déclaré Donald Trump à un quotidien américain en mars, assurant que les deux hommes avaient pris leurs distances depuis le refus de Mike Pence de s’opposer à la certification de la victoire de Joe Biden à l’élection.

Et d’ajouter: «Je ne lui ai pas parlé depuis très longtemps.»

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