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Trois-Rivières: revitaliser plutôt que démolir

PHOTO COURTOISIE / Innovation et Développement économique Trois-Rivières

L’ambitieuse et audacieuse stratégie de développement immobilier de Trois-Rivières axée sur la revitalisation de bâtiments industriels et urbains abandonnés ou sous-utilisés a porté ses fruits.

En 2018, il y avait sur le territoire de la ville quelque 3 millions de pieds carrés de ces immeubles ainsi qualifiés. En quatre ans, cette superficie a été réduite des deux tiers, une performance qui a été soulignée aux Assises 2022 de l’Union des municipalités du Québec il y a quelques semaines.

La Ville de Trois-Rivières, grâce au travail d’Innovation et Développement économique (IDE) Trois-Rivières qui a piloté le projet, s’est vu remettre le Prix Joseph-Beaubien. Cette distinction créée cette année en l’honneur du premier président de l’UMQ vise notamment à souligner l’ingéniosité et la persévérance d’une municipalité en matière de développement.

Lors de la remise du prix, le président de l’UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté, a indiqué que «le jury considère que ce projet fait preuve d’une grande originalité par rapport aux pratiques habituelles des municipalités».

PHOTO COURTOISIE / Innovation et Développement économique Trois-Rivières

En entrevue, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a indiqué qu’il est important que la ville conserve son cachet. «Il ne faut pas moderniser pour seulement être au goût du jour. Cela peut engendrer la perte de matériaux nobles. Nous ne voulons pas perdre notre identité. Trois-Rivières a grandi en partie grâce au milieu industriel.»

Parmi les bâtiments revitalisés figure l’ancien Centre funéraire Rousseau, situé au centre-ville, qui accueille maintenant l’Espace 445, une infrastructure dédiée aux entreprises qui souhaitent grandir par le développement de nouveaux procédés ou de nouveaux marchés. Autre exemple: l’ancienne usine Dayco, dans le parc industriel des Hautes-Forges, qui produisait des pièces automobiles et qui est devenue la Fabrique 9600, un complexe dédié à des activités industrielles diverses.

Dans le cadre de ce projet, IDE Trois-Rivières a redonné vie à 11 sites, qui accueillent maintenant 75 entreprises pour lesquelles travaillent 600 personnes. Le parc immobilier de l’organisme paramunicipal compte actuellement 15 bâtiments d’une valeur totale de 45 millions $.

Selon le premier magistrat, plusieurs des propriétés étaient situées dans des lieux qui n’étaient pas nécessairement en corrélation avec la population ou le secteur où elles se trouvaient.

«L’entreprise Germain & Frère [une usine de fabrication d'équipements industriels et de ventilation] était située en plein cœur du centre-ville. Ce n’était pas nécessairement adéquat. La compagnie s’est installée dans le parc industriel [dans la Fabrique 9600] après l’acquisition d’IDE», a mentionné le maire, donnant un exemple du travail de relocalisation et d’harmonisation qui a été fait depuis quatre ans.

Membre du jury de l’UMQ depuis 11 ans, Gérard Beaudet, professeur titulaire à l’École d'urbanisme et d'architecture de paysage à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, a salué le geste de Trois-Rivières. «Si une entreprise est mal logée dans un édifice, ça ne veut pas dire que le bâtiment est sans intérêt. En lui donnant un peu d’amour on peut le remettre sur le marché.»

Puis, il a souligné qu’il est faux de prétendre – comme on l’entend souvent – que démolir est plus rentable que revamper. «Lorsqu’on regarde le cycle de vie des bâtiments en développement durable, le bâtiment existant est supérieur au plus récent. De plus, il ne faut pas oublier qu’il y a des frais associés à la démolition.»

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