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Doug Ford remporte aisément un second mandat majoritaire

Le premier ministre sortant de l’Ontario Doug Ford est parvenu à remporter, sans grande difficulté, un second mandat majoritaire à la tête de la plus grande province au pays, jeudi soir.

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Le chef des progressistes-conservateurs a rapidement pris une avance insurmontable sur ses rivaux libéraux et néodémocrates, amenant les réseaux télévisés à déclarer vainqueur M. Ford à peine une vingtaine de minutes après le début du dépouillement des votes.

«Quelle nuit! Quels résultats! Nous avons marqué l’histoire. Je suis tellement reconnaissant!», s’est exclamé Doug Ford, rayonnant, au moment d’entamer son discours de victoire.

Le premier ministre sortant a réitéré l’un de ses termes de campagne les plus chers en promettant de développer l’économie de l’Ontario et de fournir plus d’opportunités en matière d’emplois.

«C’est ce à quoi nous allons travailler. C’est le rêve de l’Ontario. Et je vous promets que chaque jour, je vais me lever et me mettre au travail pour faire aboutir ce rêve», a-t-il clamé en appelant les Ontariens à se rassembler.

«Plus que jamais, nous avons besoin de nous unir. La route ne sera pas facile. Il y a plusieurs défis devant nous avec le climat économique mondial. Nous sommes en compétition avec d’autres pays pour chaque emploi, pour chaque dollar investi. L’Ontario est plus fort, nous sommes inarrêtables lorsque nous demeurons ensemble», a plaidé M. Ford.

Le Parti progressiste-conservateur (PPC) est parvenu à gonfler nettement sa majorité à Queen’s Park, en obtenant plus de 80 sièges, contre 67 au moment de la dissolution de l’Assemblée législative en mai.

À 22 h 45, le PPC dominait avec environ 41 % des voix exprimées, tandis que les libéraux et le NPD obtenaient environ 23,5 % des voix chacun. Cependant, le NPD dominait nettement avec près d’une trentaine de sièges en vue, contre seulement huit pour les libéraux.

Démissions

Bien qu’il sera appelé à former l’opposition officielle, le NPD a vu ses appuis et son nombre de sièges fondre par rapport à l’élection de 2018, menant ainsi sa cheffe Andrea Horwath à annoncer son départ de la chefferie du parti, malgré une réélection aisée dans Hamilton Centre.

«Respecter les électeurs, c’est écouter tout ce qu’ils nous disent. [...] Le moment est venu de passer le relais», a reconnu avec émotion Mme Horwath.

«Les gens ont parlé et ont envoyé un message très clair : la majorité des Ontariens n’ont pas voté pour le gouvernement conservateur. Doug Ford doit réaliser que les Ontariens n’ont pas voté pour plus de coupes budgétaires», a-t-elle cependant tempéré lors de son discours en encourageant son parti à talonner les progressistes-conservateurs lors de leur second mandat.

Le chef des libéraux ontariens, Steven Del Duca, a aussi annoncé son départ après une soirée désastreuse où il a été vaincu dans sa propre circonscription de Vaughan-Woodbridge.

«Je n’ai aucun doute que les hommes et les femmes libéraux élus à l’Assemblée législative feront plus que leur part pour aider à faire croître un nouveau mouvement progressif énergétique, ici en Ontario. Ce sera cependant un mouvement qui sera dirigé par un nouveau dirigeant», a indiqué M. Del Duca.

Le Parti vert, lui, fermait la marche loin derrière avec la faveur d’environ 6 % des électeurs. Seul son chef, Mike Schreiner, est parvenu à se faire élire.

«Nous prouvons que les verts sont là pour rester. Nous créons un momentum dans ce comté et dans la province. [...] Il y a une vague verte qui se prépare dans la province», s’est exclamé avec enthousiame M. Schreiner dans sa foulée de sa réélection en conférence de presse dans sa circonscription de Guelph.

«Je le dis à mes collègues de l’opposition, nous devons travailler ensemble pour faire en sorte que cette province est prête à faire face aux changements climatiques, que nos infrastructures peuvent supporter des tempêtes comme celle du mois passé», a ajouté le chef des verts ontariens.

En termes de vote, le résultat de jeudi soir ressemble à celui de 2018 pour le PPC, qui avait obtenu 40,5 % des voix.

Mince consolation pour les libéraux au terme d’une soirée désastreuse, ceux-ci pouvaient se targuer d’avoir remonté en partie la pente en termes de votes, après un famélique 19,6 % obtenu par l’ex-première ministre Kathleen Wynne en 2018, tandis que le vote néodémocrate (33,6 % en 2018) s’est effondré.

Problèmes techniques

La journée de vote en Ontario a été émaillée de nombreux problèmes techniques, au point où une partie des bureaux de scrutin ont dû demeurer ouverts une fois passé 21 h pour permettre à tous les électeurs d’exercer leur droit de vote.

Dès le début de la journée, des problèmes techniques ont été signalés dans divers centres de vote recourant à des tabulateurs pour calculer les votes, au point où certains ont dû se résoudre à ressortir les bons vieux bulletins de vote papier, ont rapporté les médias locaux.

De plus, certains lieux de vote ont changé le jour même, notamment à Toronto, et le site internet d’Élections Ontario a connu un plantage pendant quelques heures.

En raison de ces problèmes, le délai pour voter, fixé à 21 h, a été étendu dans 27 bureaux de vote répartis dans autant de circonscriptions. Une prolongation allant d’une dizaine de minutes jusqu’à deux heures a été accordée, selon la gravité des problèmes rencontrés.

Les résultats dans ces circonscriptions ne seront pas rendus publics avant la fermeture de tous les bureaux de vote, a précisé Élections Ontario.

Il est à noter que 9,92 % des électeurs éligibles, soit 1,07 million de personnes, avaient déjà fait leur choix lors des dix journées de vote par anticipation, une augmentation conséquente par rapport aux quelque 700 000 électeurs qui avaient fait de même en 2018.

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