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L'opposition dénonce «un registre de grossesses» introduit par le pouvoir en Pologne

L'opposition parlementaire en Pologne a dénoncé lundi une disposition gouvernementale obligeant les médecins traitants à inscrire les grossesses dans un registre numérique médical, ce qui pourrait fournir, selon elle, «un nouvel outil de répression» envers les femmes, dans un pays où l'avortement est pratiquement interdit.

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En vertu d'un arrêté du ministre de la Santé, Adam Niedzielski, des informations concernant la grossesse doivent figurer dans ce registre à côté de celles sur des maladies, passées ou en cours, des visites médicales, des traitements ou encore le groupe sanguin.

Selon le ministère, de telles informations permettront à tout médecin d'aider les patientes aussi bien en Pologne qu'à l'étranger, dans d'autres États de l'UE.

D'un avis opposé, la députée libérale Kamila Gasiuk-Pihowicz a déclaré à la presse que ce registre était né «pour pouvoir persécuter et contrôler les femmes polonaises, créer un nouvel outil de répression, de contrôle, d'influence politique de l'État sur nos vies, sur notre santé, sur nos familles».

«À une autre époque, le transfert de telles informations dans le système n'aurait pas suscité d'inquiétudes, mais, dans la situation actuelle, il s'agit pour nous d'un signal sans équivoque d'une nouvelle tentative de l'État de s'immiscer dans la vie des femmes», a déclaré Joanna Pietrusiewicz, la présidente d'une fondation défendant les droits des femmes, citée par le quotidien Gazeta Wyborcza.

L'opposition et des experts soulignent qu'outre le personnel médical, l'accès au registre numérique médical peut être obtenu par le parquet contrôlé par les populistes nationalistes au pouvoir, moyennant la décision d'un tribunal, dans ce pays où des violations de l'État de droit ont été constatées à plusieurs reprises par des instances européennes.

Selon la députée Katarzyna Lubnauer, «depuis six ans, tranche par tranche, les droits reproductifs des femmes sont restreints» en Pologne.

«D'abord, on introduit la contraception d'urgence sur ordonnance (...), puis la fécondation in vitro n'est plus financée par le budget de l'État (...) puis intervient ce verdict brutal de la Cour constitutionnelle», interdisant, en octobre 2020, l'avortement en cas de malformation grave du fœtus, a-t-elle énuméré.

En vertu de la loi, une femme ayant procédé à une IVG n'est pas poursuivie par la justice, contrairement au médecin qui l'a pratiquée ou des personnes l'ayant aidée.

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