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Un prêtre accusé 50 ans après une agression sexuelle dans un pensionnat autochtones

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Un ancien prêtre catholique d’un pensionnat pour autochtones a été arrêté et accusé dans le cadre d’une enquête pour agression sexuelle sur une élève il y a cinquante ans au Manitoba, a indiqué la police vendredi. 

Âgé de 92 ans, le père Arthur Masse aujourd’hui retraité a été laissé libre et comparaîtra devant un juge du Manitoba, le 20 juillet. 

Il est poursuivi pour attentat à la pudeur sur une enfant de 10 ans au moment des faits, au pensionnat Fort Alexander entre 1968 et 1970. 

Au Canada, il n’existe pas de délai de prescription concernant les dossiers d’agressions sexuelles.

La police canadienne a expliqué avoir enquêté pendant dix ans sur cette affaire qui a nécessité un grand travail d’archive. Près de 700 personnes ont été interrogées et 75 autres victimes ou témoins retrouvés.

«Malheureusement, en raison du passage du temps, de nombreuses victimes n’ont pas été en mesure de participer à l’enquête, pour des raisons de santé mentale ou physique, ou parce que la victime était décédée», a expliqué le sergent Paul Manaigre, de la police fédérale du Manitoba, lors d’une conférence de presse.

Pour la victime, «la chose qui lui importe le plus, aujourd’hui, c’est d’être entendue», a expliqué le sergent Paul Manaigre.

«À l’heure actuelle, il s’agit de la seule investigation entreprise dans le Manitoba concernant les pensionnats ainsi que de l’unique allégation faite», a-t-il encore précisé.

Comme dans de nombreux autres pensionnats, les anciens élèves de Fort Alexander avaient rapporté devant une commission, il y a quelques années, y avoir été victimes de mauvais traitements (punitions, privation de nourriture...) Et certains avaient dénoncé les abus sexuels qu’ils avaient subis. 

Le pensionnat a été ouvert en 1905 et a fermé ses portes en 1970.

Entre la fin du 19e siècle et les années 1990, quelque 150 000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans plus de 130 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, et où ils ont été victimes d’abus.

Des milliers n’en sont jamais revenus. 

Le pape François est attendu fin juillet au Canada, où il devrait renouveler ses excuses historiques pour les violences perpétrées pendant des décennies dans des pensionnats pour autochtones administrés par l’Église.

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