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14 M$ pour augmenter la capacité de la réserve mondiale de sirop d'érable

Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont investi 14 M$ pour se doter d’un troisième entrepôt qui augmentera considérablement la capacité de la réserve stratégique mondiale de sirop d’érable. La première pelletée de terre a été effectuée jeudi, à Plessisville, au Centre-du-Québec, sur le site retenu pour la réalisation du projet. 

Le bâtiment de Plessisville deviendra le troisième entrepôt des Producteurs acéricoles. Il pourra conserver jusqu’à 52 millions de livres de sirop. Le plus important entrepôt est situé à Laurierville, à une douzaine de kilomètres au nord, avec une capacité de 55 millions de livres (la production de sirop d’érable se calcule en livres). L’autre entrepôt, à Saint-Antoine-de-Tilly, sur la rive sud du fleuve, dans Lotbinière, peut accueillir près de 30 millions de livres.

L’investissement arrive à point après une récolte record de 211 millions de livres au Québec cette année.

Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

«Nous avions beaucoup de surplus depuis deux ans, a expliqué la directrice des PPAQ, Isabelle Lapointe, rencontrée lors de la première pelletée de terre. On louait trois entrepôts. On s’est dit que nous n’avions pas le choix d’agir. Pour faire face à la demande mondiale, on doit avoir une réserve de plus 100 millions de livres de sirop. Il était nécessaire d’avoir un troisième entrepôt.»

La réserve stratégique existe depuis 2000. L’objectif des producteurs était de pouvoir avoir une réserve pour compenser une année plus difficile.

«Il y a eu une période difficile en 2008 et 2009, a mentionné Luc Goulet, président des PPAQ. Nous avions vidé l’inventaire, en raison des deux années précédentes [...]. On a des études actuarielles pour projeter un inventaire suffisant en cas de petites récoltes.»

Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

Croissance importante

Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable et exporte dans une soixantaine de pays, selon les PPAQ, une organisation qui représente 13 300 acériculteurs. La demande est en forte hausse depuis quelques années.

Grâce à cet investissement, les Producteurs acéricoles ont confiance qu’ils seront en mesure de continuer d’être un acteur clé au sein d’un marché en croissance.

«Lors des deux dernières années, notre croissance était de 20 %, a indiqué Isabelle Lapointe. Cette année, on va être autour de 10 % [...]. On est un marché en croissance.»

Elle a ajouté que l’appui du gouvernement sera nécessaire en ce qui concerne l’accès aux terres publiques où l’érable à sucre abonde. «Notre croissance va passer par l’ajout d’entailles pour permettre de développer les marchés avec les transformateurs.»

La construction du nouveau bâtiment de 104 000 pieds carrés à Plessisville sera complétée en mars 2023.

«Un peu inquiétant» de voir des fleurons québécois vendus à l’étranger 

Même si elle en inquiète certains, la récente vente d’Industries Bernard, un des plus importants transformateurs de sirop d’érable du Québec, au groupe irlandais Valeo est vue par le secteur acéricole comme une opportunité de développer de nouveaux marchés.

Depuis quelques années, des acteurs étrangers ne cessent d’acquérir des compagnies québécoises de transformation. Des actionnaires de la Colombie-Britannique, Rogers Sugar et Belkorp détiennent Lantic. La filiale de cette dernière, The Maple Treat Corporation, a quant à elle fait l’acquisition d’un important embouteilleur de Lévis en 2017, Decacer pour la somme de 40 M$.

La vente d’Industries Bernard à des intérêts étrangers s’inscrit donc dans une certaine tendance. Le député de la circonscription d’Arthabaska, Éric Lefebvre, est préoccupé par la situation.

«Le fait de voir des industries québécoises passées aux mains d’étrangers, c’est toujours un peu inquiétant, affirme le député de la Coalition avenir Québec (CAQ). Par contre, il faut comprendre qu’on ne peut pas déménager les érables. C’est l’une de nos richesses et elle sera toujours exploitée au Québec.»

«L’industrie de l’érable, c’est un fleuron québécois, ajoute-t-il. C’est une grande richesse au Québec au même titre que l’hydro-électricité et l’eau potable.»

Positif pour les producteurs de sirop

De son côté, le président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), Luc Goulet, voit d’un bon œil pour l’industrie le fait qu’une compagnie étrangère procède à l’acquisition d’un joueur important du secteur comme les Industries Bernard.

«Une compagnie comme celle-là qui vient d’acquérir Sirop Bernard, pour nous, c’est quand même positif, estime Luc Goulet. Elle va avoir des tentacules dans d’autres marchés étrangers qu’on ne pensait pas être en mesure d’explorer. Cela augmente notre potentiel de ventes.»

Selon les données présentées par les PPAQ, le Québec produit près du trois quarts du sirop d’érable dans le monde. Le produit est exporté dans une soixantaine de pays.

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