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«On va le faire le 3e lien», affirme Éric Caire

Le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, fait son bilan et s’est confié sur son avenir politique. On le voit en entrevue à son bureau de Québec le 14 juin.

Photo Stevens LeBlanc

Le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, fait son bilan et s’est confié sur son avenir politique. On le voit en entrevue à son bureau de Québec le 14 juin.

Même s’il n’y a pas eu de réelle pelletée de terre avant la fin de son premier mandat, le ministre Éric Caire veut être réélu pour se battre jusqu’à sa « dernière goutte de sang » afin que le troisième lien se réalise. Les coûts et ce qu’en pensent les spécialistes en environnement n’y changeront rien, jure-t-il.

« On va le faire le troisième lien. Et je veux que les gens de Québec sachent que c’est un projet pour lequel je suis prêt à me battre jusqu’à ma dernière goutte de sang. On va le réaliser, même si le gouvernement fédéral a décidé de s’en mêler », a-t-il déclaré lors d’une entrevue bilan.  

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Le ministre avait déjà mis son siège en jeu à l’Assemblée nationale, assurant que la CAQ réaliserait ce projet maintenant estimé à 6,5 milliards $, reliant les centres-villes de Québec et Lévis. 

Québec demande au fédéral de payer 40 % de la facture. 

« L’idée de mettre le siège en jeu, ce n’est pas de dire s’il va y avoir six pouces de terre qui vont être tassés. L’idée, c’est d’être résolument commis à réaliser ce projet-là », plaide-t-il aujourd’hui.  

L’évaluation environnementale d’Ottawa n’aura aucun impact sur les travaux, croit-il.  

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Il souhaite même que ce projet soit son héritage, au même titre que son travail comme premier ministre de la Cybersécurité et du Numérique de l’histoire du Québec. 

« Je mets ça ex æquo, parce que pour moi, le troisième lien pour le développement économique de la région, il y a quelque chose d’important qui se joue avec l’état actuel des deux ponts », mentionne le ministre, n’étant pas convaincu que les besoins en transport se limitent aux transports collectifs. 

Il défend néanmoins le tramway, parce qu’il s’intègre dans un plan qui inclut un service d’autobus vers les banlieues et le troisième lien. 

Aux géographes, aux urbanistes et aux environnementalistes qui critiquent le projet, il pense qu’un tunnel ne produira pas de gaz à effet de serre à long terme en raison des véhicules électriques.  

Or, les spécialistes s’entendent pour dire que seulement remplacer des véhicules à essence pour des véhicules électriques ne règle pas les problèmes d’étalement urbain. « La notion d’étalement urbain, elle n’est pas la même pour tous », réplique Éric Caire. 

« Sideshows » 

Certains analystes sont sévères envers le shérif de La Peltrie, et pensent que son poste au sein du Conseil des ministres est en danger.  

« Je pense qu’ils ne se sont pas intéressés à mon mandat, ils se sont intéressés à des sideshows, qui n’avaient pas rapport avec Éric Caire, ministre de la Cybersécurité et du Numérique, indique-t-il. Parce que si c’est ça qui est analysé, je suis extrêmement fier de mon bilan. » (voir autre texte ci-bas

Récemment, il a affirmé que le maire de Québec et son projet de rues partagées pour le tramway polluaient la vie des automobilistes. Cette déclaration lui a valu de vives critiques.  

Selon lui, cette sortie ne lui a pas nui auprès de ses électeurs et au caucus de la CAQ. Il l’assume, mais « regrette » d’être intervenu dans un dossier qui n’était pas le sien.  

« J’ai eu l’occasion de régler ça avec Geneviève [Guilbault] et François [Bonnardel]. Dans ma job, tu n’es pas là pour livrer tes états d’âme. Il n’y a rien qui excuse ça », conclut-il.  

Plusieurs mandats pour compléter le virage numérique    

Le ministre de la Cybersécurité et du Numérique estime qu’il faudra « peut-être » deux autres mandats afin de compléter le virage numérique. Même si des lois ont été votées, les citoyens devront s’armer de patience avant d’obtenir leurs services sur une application mobile gouvernementale.  

Comme pour la construction du troisième lien entre Québec et Lévis, le ministre Éric Caire persiste et signe : les Québécois pourront un jour obtenir des services sécuritaires de l’État sur leur téléphone cellulaire. Dans les deux cas, ils devront cependant être patients. 

« Si on veut arriver à une application mobile où tous les services gouvernementaux pourront être consommés sur notre téléphone, avec des notifications pour renouveler, par exemple, nos permis de conduire [...], ça va prendre un autre mandat, peut-être un troisième. Pas moi, Éric Caire, mais pour le gouvernement », affirme le ministre lors d’une entrevue bilan.  

« Beaucoup de travail à faire »

L’application, c’est « le but ultime », dit-il, mais pour l’instant, rien n’est encore coulé dans le béton. 

Le ministre soutient qu’il reste beaucoup de travail à faire avant d’y injecter les centaines de millions de dollars nécessaires.  

« La loi est passée, mais le problème qu’on a, c’est qu’il faut réorganiser la donnée [...] on en a pour plusieurs années », mentionne l’élu de La Peltrie, « fier » du travail accompli. Selon lui, le Québec est « sorti de l’obscurantisme » en matière informatique.  

« Ç’a été quatre ans assez intenses. Quand on est arrivé, c’était un foutoir », affirme-t-il. 

« On avait besoin de réformer la loi sur la protection des données personnelles [...] Et on a réussi. » Il estime que le Québec est maintenant un leader en Amérique en cette matière.  

Bordel informatique 

« Je ne sais pas ce qui va m’arriver le 3 octobre. Mais le bilan que je laisse, j’en suis très fier. Je sais que tout le monde va dire ça, mais je pense que j’ai deux ou trois petites choses qui viennent prouver le travail qui a été fait », plaide-t-il.  

Il est vrai que le ministre a participé à l’adoption de cinq projets de loi en plus de déposer, sans tambour ni trompette, la première politique de cybersécurité.  

« Lorsque nous sommes arrivés, le simple mot cybersécurité n’existait pas dans le vocabulaire de la fonction publique », explique-t-il.

Il plaide aussi que le bordel est bel et bien derrière lui, même si des projets, comme le réseau de radiocommunication d’urgence (RENIR), ont coûté et coûtent encore trop cher.  

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