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Enfin une halte-garderie au parlement de Québec

La députée solidaire de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, est accompagnée de ses deux filles, Flora et Solène, devant la fontaine de Tourny, à deux pas de l’Assemblée nationale.

Photo courtoisie

La députée solidaire de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, est accompagnée de ses deux filles, Flora et Solène, devant la fontaine de Tourny, à deux pas de l’Assemblée nationale.

Après des années de tergiversations, l’Assemblée nationale accueillera un projet pilote de halte-garderie pour faciliter la conciliation travail-famille des députés et des employés. Un «pas de géant» pour les élus qui ont de jeunes enfants ou qui souhaitent en avoir.

«C​’est un game changer pour beaucoup de jeunes politiciens et politiciennes!» se réjouit la députée solidaire Émilise Lessard-Therrien, maman de deux petites filles.  

La vie de parlementaire vient avec son lot de défis: de longues heures de travail s’étirant parfois tard le soir et d’innombrables déplacements entre la circonscription et le parlement de Québec pour siéger au moins trois jours par semaine, parfois plus. Un rythme difficile à concilier quand on a une jeune famille.  

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue ne cache pas que la distance qui la sépare de ses enfants lorsqu’elle assume ses fonctions à l’Assemblée nationale lui brise parfois le cœur.  

«De toujours être partie, de ne jamais pouvoir aller chercher les enfants à la garderie, de ne pouvoir aller les porter le matin, de ne pas pouvoir les accompagner dans leurs devoirs le soir, ça peut peser. Moi je souhaite être une maman présente dans la vie de mes enfants», confie-t-elle.  

Mais les choses évoluent. L’Assemblée nationale mettra «sur pied un projet pilote de halte-garderie au cours de la 43e législature» aménagée dans l’édifice Jean-Antoine-Panet, accolé à la maison du peuple. Les députés, le personnel politique et les employés administratifs du Parlement pourront y emmener leurs enfants âgés de 0 à 10 ans. La décision a été prise en toute fin de mandat par un comité regroupant tous les partis politiques.

Si elle est réélue le 3 octobre prochain, la vie d’Émilise Lessard-Therrien sera facilitée par la halte-garderie.

Service de dépannage

Mais la solidaire n’est pas la seule qui a l’intention de profiter de ce nouveau service. Enceinte de cinq mois, la libérale Marwah Rizqy salue l’arrivée de cette nouvelle mesure pour faciliter la conciliation politique-famille.  

«C’est un pas de géant. Ça fait quand même plusieurs années qu’on demandait à l’Assemblée nationale de se moderniser et on essaie d’avoir une Assemblée nationale qui est représentative de la population. Sans halte-garderie, c’est très difficile pour les jeunes députés [...] ayant une jeune famille», insiste la députée de Saint-Laurent.  

À ceux qui pourraient reprocher aux députés de bénéficier d’un privilège, alors que la pénurie de places en services de garde est criante, Marwah Rizqy souligne qu’il s’agit d’une halte-garderie, c’est-à-dire d’un service de dépannage, pas d’une garderie ou d’un CPE.  

«Si on veut que les employeurs, les universités, les cégeps se dotent de services de garde pour justement concilier le travail-famille, les études et la famille, il faut aussi que l’Assemblée nationale donne le ton et dise que c’est essentiel», insiste-t-elle.   

Le péquiste Martin Ouellet quittera la politique au terme de son mandat. Concilier le travail de député et la vie familiale fut ardu pour ce père de deux enfants. Surtout qu’il représente la circonscription éloignée de René-Lévesque sur la Côte-Nord. C’est d’ailleurs une des raisons de son départ.  

Diminuer les absences

Lorsqu’il a fait son entrée au Parlement, son fils et sa fille étaient âgés de trois et six ans. Une halte-garderie aurait certainement facilité les choses et lui aurait permis d’emmener plus souvent sa famille à Québec.

«Si j’avais pu raccourcir les distances, les absences, peut-être que j’aurais été moins usé et j’aurais trouvé ça moins lourd de m’absenter sur de longues semaines et laisser ma famille», dit-il.  

Émilise Lessard-Therrien, Marwah Rizqy et Martin Ouellet s’entendent pour dire que la prochaine étape pour améliorer la conciliation politique-famille, c’est l’avènement d’un congé parental pour les parlementaires.

Un projet plus que bienvenu        

Quebec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

«C’est vraiment un argument qui va nous permettre d’aller chercher encore d’autres jeunes élus, autant des femmes que des hommes.»

– La députée libérale Marwah Rizqy


Periode des questions

Photo d'archives

«Je dis à ceux et celles qui veulent faire de la politique, les jeunes parents, venez pour votre parti, venez pour les valeurs de votre parti, mais venez aussi pour changer les façons de faire. C’est ce que la société commande et c’est ce que les gens s’attendent aussi de la politique, plus humaine, plus près du monde.»

– Le député péquiste Martin Ouellet


«Pour moi, c’est majeur. Je me dis que ce n’est peut-être pas juste un autre mandat que je vais envisager, mais un 3e ou un 4e, sachant que mes filles vont pouvoir m’accompagner plus régulièrement et je vais être moins déchirée, je vais avoir moins l’impression de les laisser tomber à la maison, dans leur quotidien.»

– La députée solidaire Émilise Lessard-Therrien

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