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«Je vais camper dans la rue»: la pénurie de logements fait des ravages

À l’approche du 1er juillet, nombreux sont ceux qui épluchent encore les petites annonces dans l'espoir de trouver un nouveau chez soi avant la date fatidique. Les logements se font de plus en plus rares, qu’ils soient abordables ou non.  

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Suzanne Jubinville habitait une maison de Boisbriand depuis 2 ans avec son mari, leur fille et leur fils adulte, ainsi que la conjointe et le nouveau bébé de ce dernier. 

La nouvelle famille ayant déménagé récemment de son côté, le loyer de la maison est désormais trop élevé pour Mme Jubinville. Elle devra quitter les lieux le 1er juillet, car la propriété a été vendue.

La dame de 58 ans veut absolument demeurer dans les environs, puisqu’elle suit des traitements pour un cancer à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval. Elle cherche activement un 4 et demi depuis avril, sans succès. Le taux d’inoccupation dans le secteur voulu est autour de 0,3 %, selon les données 2021 de la SCHL.

«On a visité au moins 5-6 logements, mais les démarches ne fonctionnent pas. C’est trop cher, ce n’est pas à notre goût, c’est trop vieux, c’est pas vivable dedans», se désole Mme Jubinville. De plus, elle possède un chien, facteur qui rend frileux plus d’un propriétaire.

«Je suis sur les nerfs, j’ai de la misère à dormir, je suis stressée. J’ai de la misère à vivre, à manger», ajoute-t-elle. Si elle ne trouve pas? «Je ne sais pas, je vais camper dans la rue!», répond-elle.

Avec la rareté de loyers disponibles, de plus en plus de gens doivent consacrer plus de la moitié de leur revenu pour se loger. Les dernières données, qui datent de 2016, font état de 197 000 ménages dans la même situation.

Le loyer moyen à Montréal en 2021 était de 932 $ par mois pour un appartement de deux chambres, toujours selon la SCHL. À Gatineau, on parle de 1 035 $.

L’aide d’urgence disponible, gérée par les municipalités, ne fait pas que des heureux; son organisation laisse parfois à désirer, selon certains. Elle serait mal publicisée et des disparités demeurent, selon les régions.

«Le gouvernement du Québec a annoncé, comme les années précédentes, un plan d’action en vue du 1er juillet, qui inclut des suppléments au loyer d’urgence, qui permet aux locataires de signer un bail avec l’assurance de ne payer que 25 % de leur revenu pour se loger, et un programme d’aide aux municipalités qui rembourse les dépenses pour l’hébergement temporaire, l’entreposage et le déménagement notamment», explique la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme.

«Le gouvernement du Québec invite les gens qui n’auraient pas l’aide dont ils ont besoin à contacter la Société d’habitation du Québec. Pour l’instant, on conseille aux locataires de tout le Québec qui n’auraient pas trouvé encore un logement à contacter leur Office municipal d’habitation», ajoute-t-elle.

Mais pour le FRAPRU, les embûches vécues par plusieurs ménages, surtout ceux à faible revenu, démontrent l'importance de trouver des solutions à long terme.

«Plus on attend, plus ça coute cher. Il faut lancer un grand chantier de logements sociaux. Il faut absolument agir rapidement pour contrer les évictions frauduleuses, qui contribuent à ce nombre grandissant de ménages locataires qui se retrouvent sans logis autour de la période de déménagement,» conclut Mme Laflamme.

Écoutez Felix Séguin au micro de Yasmine Abdefadel sur QUB radio : 

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