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«C’est un paquet de petits deuils chaque jour», dit une sinistrée de Saguenay

Les sinistrés de Saguenay vivent dans l’angoisse depuis plusieurs jours déjà. Une d’entre-elle partage comment elle vie ces heures d’inquiétudes, et d’espoir.

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Les habitants de l’arrondissement de La Baie à Saguenay ont quitté leur logement depuis qu’un nouveau glissement de terrain est qualifié d’inévitable, selon les autorités. 

Karine Minier, qui demeurait dans sa maison depuis 20 ans, a eu droit à 30 minutes, accompagnée de pompier, pour aller dans sa maison chercher ses biens.

«Les pompiers ont été tellement géniaux, a dit Mme Minier, en entrevue sur les ondes de LCN. Je ne peux pas les remercier assez».

Puisque la sinistrée s’attendait au pire, elle a décidé de prendre des objets qui lui étaient précieux, plutôt que des produits de tous les jours. Tableaux, souvenirs d’enfance et albums de photos figuraient parmi les items choisis. 

«Pour moi, ç’a été un cadeau incroyable de pouvoir retourner chercher ça», avoue-t-elle. 

À l'heure actuelle, 187 personnes ont quitté leur domicile dans l'imminence d'un deuxième glissement de terrain. 

Prévoir le pire  

Si elle a la chance de séjourner avec ses parents vu la situation précaire de La Baie, Karine Minier s’avoue tout de même angoissée pour la suite des choses. Elle se remémore le glissement de terrain tragique ayant eu lieu en 1971 à Saint-Jean-Vianney, à Saguenay, et qui avait détruit une quarantaine de maisons et tué plus de 30 personnes.

«Quand j’ai entendu le nom Saint-Jean-Vianney il y a quelques jours, mon cœur a arrêté», mentionne-t-elle. 

«C'est comme un paquet de petits deuils à faire tous les jours», a aussi dit Mme Minier. 

Mme Minier préfère ne fait pas se faire d’attentes quant à sa maison : «Mes espoirs de retourner chercher des choses dans la maison diminuent de plus en plus».

Comme plusieurs, la sinistrée avait profité des mois de confinement pour mettre à niveau sa maison.

«Moi, ma maison, c’était ma maison de rêve. Je ne m’imaginais pas déménager. J’avais tout ce que je voulais. Avec la pandémie, notre chez-nous c’était comme devenu notre petit cocon, explique-t-elle.

«J’ai perdu ma sécurité, mon centre», se désole-t-elle. Mme Minier souligne que la situation sera aussi «épouvantable» au niveau financier. Elle mentionne toutefois la bienveillance de ses parents, avec qui elle vit, soulignant au passage qu’elle est de tout cœur avec les autres sinistrés. 

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