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Des bandits enlèvent sauvagement une trentaine de personnes dans le nord-ouest du Nigeria

Plus d'une trentaine de personnes ont été enlevées dimanche par des hommes armés qui ont attaqué deux églises dans le nord-ouest du Nigeria, région volatile où des bandes criminelles pratiquent des enlèvements de masse contre rançons.

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Un climat de violence quasi généralisée règne dans le nord du pays le plus peuplé d'Afrique, en proie à des bandes criminelles à l'ouest, et jihadistes à l'est, qui multiplient attaques et enlèvements, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Le président Muhammadu Buhari termine son deuxième mandat en février 2023, critiqué de toute part pour son incapacité à endiguer l'insécurité.

Les attaques meurtrières sont devenues quotidiennes dans certaines régions du pays, notamment dans le nord-ouest du pays où dimanche encore, des dizaines d'hommes à moto ont pris d'assaut plusieurs villages de l'État de Kaduna.

Ils ont notamment ciblé l'église baptiste Maranatha et l'église catholique Saint-Moses dans le village de Rubu, où «36 personnes ont été enlevées et trois villageois tués», a indiqué à l'AFP le commissaire à la sécurité de l'État de Kaduna, Samuel Aruwan.

Les ravisseurs ont «libéré deux otages, dont un chef de communauté. Trente-quatre personnes sont toujours entre les mains des bandits», a ajouté le commissaire.

Selon des résidents interrogés par l'AFP, les hommes armés ont kidnappé la majorité des otages dans les deux églises, mais également d'autres personnes dans les villages.

Le nord-ouest et le centre du Nigeria sont le théâtre de bandes criminelles, les «bandits», qui attaquent les villages, pillent et tuent les habitants.

Ces gangs armés pratiquent également de nombreux enlèvements contre rançons, mais visent rarement les lieux de culte, ciblant davantage les établissements scolaires ou les voyageurs sur les routes.

Les attaques contre les sites religieux sont particulièrement sensibles au Nigeria, où les tensions s'exacerbent souvent entre les communautés d'un pays dont le sud est majoritairement chrétien et le nord majoritairement musulman.

Les gangs agissent pour des raisons financières, sans revendication idéologique a priori, mais de possibles alliances entre bandits et jihadistes suscitent de nombreuses inquiétudes.

Cette attaque survient deux semaines après le massacre de quelque 40 paroissiens, dont des enfants, dans une église du sud-ouest qui avait choqué le Nigeria, dans une région d'ordinaire épargnée par les violences.

Aucun groupe criminel ou jihadiste n'a pour l'heure revendiqué cette attaque sanglante.

Le gouvernement avait lui affirmé la semaine dernière soupçonner le groupe jihadiste affilié à l'État islamique Iswap d'être derrière cette attaque survenue pourtant à plus de 1.000 kilomètres des régions où il sévit au Nigeria.

Le nord-est du Nigeria est le théâtre d'une insurrection jihadiste menée par Boko Haram et Iswap, en conflit avec l'armée, qui a fait plus de 40 000 morts et 2 millions de déplacés.

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