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Enquête publique sur la mort de Riley Fairholm: les audiences sont terminées

Après six jours d’audience, l’enquête publique de la coroner Géhane Kamel sur les évènements qui ont coûté la vie à Riley Fairholm, cet adolescent abattu lors d’une intervention policière en 2018, est maintenant terminée.

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Après avoir entendu plus d’une dizaine de témoins, la coroner va rédiger son rapport et émettre ses recommandations pour éviter qu’un pareil drame ne se reproduise.

Dans la nuit du 25 juillet 2018 sur le chemin Knowlton à Lac-Brome, l’adolescent de 17 ans a été abattu d’un projectile à la tête lors d’une intervention policière.

Les agents répondaient à un appel 911 concernant la présence d’un individu armé et en crise, un appel fait par Riley Fairholm lui-même après avoir laissé une lettre d’adieux plus tôt dans la soirée.

Le jeune homme était en détresse psychologique et vivait un mal être. Il brandissait une arme de poing devant les policiers au moment de l’intervention qui n’a duré que 61 secondes.

Rien n’est tout blanc ou tout noir, il y avait un contexte à l’intervention policière, qui était qualifiée de situation à haut risque.

Le policier à la retraite du SPVM et formateur pour les interventions auprès de personnes en état de crise, Michael Arruda, est venu donner son opinion à la demande de la famille de Riley Fairholm. Selon lui, la simple répétition formelle de laisser tomber son arme peut faire en sorte qu’un sujet se place en mode survie.

«Les trois à cinq premières minutes sont cruciales. Plus une intervention s’allonge dans le temps, meilleures les chances sont qu’elle puisse se résoudre de manière pacifique», a expliqué M. Arruda.

Aucun autre des témoins experts ne le contredit, mais, dans le cas de Riley Fairholm, plusieurs éléments devaient être pris en considération.

Rien ne permettait aux policiers de savoir que l’arme de type 9 mm brandis par l’adolescent de 17 ans n’était qu’en fait une arme à air comprimé. Les policiers ignoraient à qui ils avaient affaire et l’environnement, le stationnement d’un restaurant désaffecté à la noirceur, ne permettait pas de l’isoler.

Annie Gendron a étudié près d’une trentaine de dossiers de personnes décédées ou de blessées gravement dans le cadre d’intervention impliquant des personnes en détresse ou avec des idées suicidaires. Selon elle, le contexte ne permet pas toujours de désamorcer une situation tendue et menaçante.

«Il est difficile pour les policiers de déterminer clairement les intentions de la personne en crise. Tout dépendant du type de menace, ils n’ont pas toujours le luxe du temps sans compromettre la sécurité des autres policiers et civils», a-t-elle mentionné.

Son collègue de l’École nationale de police du Québec et expert-conseil en emploi de la force, Bruno Poulin, pense que dans ce cas-ci, l’urgence d’agir était présente.

En raison de la proximité des véhicules autopatrouilles avec le sujet et parce que son comportement agressif persistait malgré les ordres répétés de laisser tomber son arme, il était légitime pour l’agent Joël Desruisseaux de tirer sur Riley Fairhom qui continuait de pointer son arme vers les policiers.

Rappelons qu’à la suite de l’enquête du BEI, le directeur des poursuites criminelles et pénales avait pris la décision de ne porter aucune accusation envers les policiers impliqués.

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