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La Baie: les évacués sous le choc

Lundi soir, 48 heures après les évacuations forcées par un risque accru de glissement de terrain, c’est toujours l’onde de choc dans l’arrondissement de La Baie, à Saguenay.

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La situation est critique, à point tel que les élus ont demandé à Québec de décréter l’état d’urgence. Et systématiquement, la demande a été approuvée.

Les sinistrés ont été rencontrés lundi après-midi par les autorités, au Théâtre du Palais Municipal de La Baie. Même si certains se disent rassurés, la situation demeure très abstraite pour eux, surtout pour le long terme.

La centaine de nouveaux évacués ont été informés des programmes d’aide du ministère de la Sécurité publique dont ils pourront bénéficier, au même titre que les résidents précédemment évacués. Toutefois, il a surtout été question de l’aide offerte à court terme, du moins pour les trois prochains jours, en ce qui a trait à l’hébergement offert, notamment par l’Office Municipal d’Habitation et de la Croix-Rouge.

Les sinistrés ont dû remplir des documents et remettre un spécimen de chèque. Ils seront rappelés au cours des prochains jours pour être informés de la suite des choses.

«On s’enligne vers ça [pour] plusieurs mois, rester chez des amis dans une chambre, ce n’est pas évident. On a trois enfants aussi», a expliqué une mère évacuée.

«On n’a pas de période déterminée, ça peut prendre quelques jours, peut-être une semaine», a déploré un résident qui demande d’ailleurs au premier ministre François Legault d’établir un plan plus clair quant aux procédures qui seront entamées pour la suite des choses.

«C’est tôt, on a vidé nos maisons en pleine nuit, ça ne fait pas si longtemps que ça. Je ne sais pas à quel point je suis prête, présentement, à me réconforter et me dire qu’il n’y a pas de risque», a expliqué une autre sinistrée.

«Moi ça ne me tente plus de retourner dans cette maison-là!», s’est exclamé un résident évacué, qui affirme ne plus se sentir en sécurité pour réintégrer son domicile si cette possibilité s’offre à lui dans le futur.

Entre-temps, ils bénéficient d’un montant de 20 $ par jour, par personne pour les frais de subsistance. Selon les résultats des analyses des ingénieurs du ministère des Transports (MTQ) et de la firme Englobe, les gens sauront davantage à quel programme d’aide ils pourront se référer. Ce dernier se découle en trois volets: stabilisation, relocalisation ou encore indemnités de départ. Alors que certaines résidences pourraient être solidifiées en vue d’être habitées à nouveau, d’autres pourraient être déplacées ailleurs. Dans le pire des scénarios, les gens recevront une indemnité qui actuellement s’échelonne à 210 000 $ excluant le terrain et de 260 000 $ incluant le terrain. Tout reste encore à confirmer. Cependant, la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, admet que les montants s’avèrent insuffisants et demande à ce que ce soit rehaussé.

«Dans le contexte actuel où on manque déjà de matériaux, où les bris sont extrêmement élevés, je m’attends à ce que les compensations pour la ville soient bonifiées. La seule réponse qu’on n’a pas en ce moment c’est quand il y aura un glissement de terrain », a expliqué Julie Dufour.

Le premier ministre François Legault s’est également prononcé sur le sujet lundi. «On sait que quelqu’un qui perd sa maison dans une situation comme ça a droit à 260 000 $. 210 000 pour la maison, 50 000 pour le terrain. On va regarder si c’est nécessaire de le bonifier», a-t-il évoqué.

«Une course contre la montre» 

La situation est critique, Mme Dufour a d’ailleurs mentionné qu’actuellement, il s’agit d’«une course contre la montre, la nature et l’humain ». Il ne s’agit pas de savoir si un autre glissement de terrain pourrait survenir, mais plutôt quand et dans quelle mesure? Est-ce que le périmètre de sécurité sera élargi? Tout est possible.

Actuellement, les experts du MTQ et d’Englobe s’affairent à effectuer du carottage, en particulier en bas du talus. La sécurité sera d’ailleurs rehaussée. Un évacué a mentionné à TVA Nouvelles que des caméras de surveillance avec son seront installées afin d’aviser les rôdeurs potentiels de sortir du périmètre de sécurité et d’éviter des méfaits. Les clôtures seront également solidifiées.

Au total, 187 personnes sont évacuées à l’heure actuelle, ce qui totalise 76 résidences. L’obtention du décret de l’état d’urgence permettra néanmoins d’accélérer le processus. Pour le reste, tout le monde retient son souffle et espère le meilleur pour la suite, dans la mesure du possible.

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