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Violence sexuelle: Québec mise sur la formation et la sensibilisation

MARCEL TREMBLAY/Agence QMI

Le gouvernement investira 86 millions $ au cours des cinq prochaines années dans des campagnes de sensibilisation contre la violence sexuelle et pour soutenir des initiatives dans ce domaine, notamment dans les écoles et les universités.

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Ce montant est une partie de la Stratégie gouvernementale intégrée pour contrer la violence sexuelle, la violence conjugale et rebâtir la confiance, présenté lundi après-midi par la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

Ce plan prévoit des investissements de 462,4 millions $ d’ici 2027, dans le but de mettre en place 58 actions concrètes pour accompagner les victimes et prévenir la violence.

En plus des opérations de sensibilisation, la stratégie projette la mise en place de mesures d’intervention psychosociale, policière, judiciaire et correctionnelle, dont l’ouverture de quatre nouvelles maisons d’aide et d’hébergement d’urgence en violence conjugale, dans les régions où les besoins sont les plus criants, comme à Montréal, en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue.

Des actions visant le «développement des connaissances», comme la constitution d’un comité de travail chargé d’étudier le traitement des agressions sexuelles survenues en contexte de travail, sont aussi prévues.

Avec cette stratégie, le gouvernement soutient qu’il répond entièrement ou en partie à 166 des 190 recommandations du rapport Rebâtir la confiance sur l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle et de violence conjugale, déposé à la fin de l’année 2020.

Peu de nouveau

Du côté des intervenants du milieu, les mesures présentées par le gouvernement sont accueillies favorablement, mais sans grande surprise, puisque pour l’essentiel, cette nouvelle stratégie est le renouvellement de la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016-2021.

«C’est un plan qui est dans la continuité qui pérennise des mesures qui étaient connues. Je dirais que la bonne nouvelle c’est qu’on nous dit que c’est un plan qui est évolutif, alors s’il y a des oublis, s’il y a des choses qui changent, on va pouvoir les adresser et espérer qu’il y ait d’autres actions», a réagi Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Pour Mme Riendeau, les quatre maisons prévues par le plan répondent bel et bien à un besoin réel, mais elles n’y répondent pas entièrement.

«On nous parle de quatre nouvelles maisons, c’est sûr que ce n’est pas suffisant», a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que d’autres mesures, comme de faciliter l’accès au logement, sont nécessaires pour aider les victimes.

Par ailleurs, les impacts de la pénurie de main-d’œuvre n’épargnent pas le milieu des intervenants en violence sexuelle et conjugale. Dans la situation actuelle, le manque de personnel ne risque pas de faire en sorte que des services ne puissent pas être donnés dans les maisons, mais d’autres éléments, comme la formation, pourraient être plus difficiles à assurer, a expliqué Mme Riendeau.

Effets

En outre, les effets des actions gouvernementales ne se feront pas sentir immédiatement, estime Mme Riendeau, et sont difficiles à prévoir. «On ne connaît pas encore toutes les mesures de sensibilisation qui seront prises», a-t-elle glissé.

«Il faudra regarder les effets sur la confiance des victimes dans le système judiciaire. Il faudra regarder aussi si les mesures de prévention amènent des changements de mentalité.»

«Tant que des garçons et des filles penseront que la jalousie est une preuve d’amour, tant que des garçons se permettront de contrôler leur amoureuse, on n’aura pas réglé ce problème-là. Ce sont des choses qu’il faut surveiller», a conclu Mme Riendeau.

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