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Arrestation d'un ex-ministre de l'Éducation de Bolsonaro

La police brésilienne a arrêté mercredi Milton Ribeiro, ex-ministre de l'Éducation du président Jair Bolsonaro, accusé de corruption et de trafic d'influence dans l'attribution de fonds publics, a annoncé son avocat qui crie à l'«injustice».

En mars, le quotidien Folha de S. Paulo avait révélé un enregistrement dans lequel le ministre disait accorder en priorité des subventions aux écoles de municipalités gérées par des «amis» de deux influents pasteurs, à la demande du président Bolsonaro.

«Des documents, des témoignages et le rapport d'enquête préliminaire ont montré des indices de pratique délictueuse pour l'octroi de subventions publiques», a expliqué la Police fédérale, qui a déployé dans la matinée une vaste opération pour démanteler ce réseau, avec cinq mandats d'arrêt et 13 mandats de perquisition dans quatre États brésiliens.

Selon la presse brésilienne, un des pasteurs soupçonnés aurait même demandé à un maire de lui donner un kilo d'or pour qu'il intercède en sa faveur dans l'obtention de subventions.

Milton Ribeiro, lui-même pasteur presbytérien, avait démissionné après l'énorme scandale causé par l'enregistrement qui a motivé l'ouverture d'une enquête sur décision de la Cour suprême.

Selon la Police fédérale, il encourt une peine de 2 à 5 ans de prison pour trafic d'influence et de 2 à 12 ans pour corruption.

«Cette arrestation est injuste et n'était pas nécessaire», a déclaré dans un communiqué son avocat, Me Daniel Bialski, qui dit avoir déposé une demande en habeas corpus, mesure garantissant qu'un accusé reste libre jusqu'à l'épuisement de tous ses recours.

Le ministère de l'Éducation a confirmé mercredi que ses locaux avaient été perquisitionnés et a fait part de l'intention de «coopérer avec les organes de contrôle pour que les faits soient élucidés le plus vite possible».

En mars, le président Bolsonaro, qui a bénéficié d'un soutien massif des évangéliques lors de son élection en 2018, avait déclaré qu'il mettrait sa «main au feu» pour Milton Ribeiro, et avait qualifié les accusations de «lâcheté».

Ce mercredi, il semblait vouloir prendre ses distances. «Qu'il réponde de ses actes, je prie Dieu pour qu'il n'ait pas de problème. Mais si c'est le cas, ça montre que je n'ai pas d'influence sur la police», a affirmé le chef de l'État lors d'un entretien à la radio locale Itaitiaia.

«J'ai 23 ministres, une centaine de secrétaires d'État... Si quelqu'un fait quelque chose de mal, on va dire que c'est de ma faute?», a-t-il ironisé.

Milton Ribeiro, 64 ans, avait pris ses fonctions en juillet 2020. Il était le troisième ministre de l'Éducation de Jair Bolsonaro, dont le gouvernement a été secoué par une avalanche de démissions et de limogeages.

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