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Attentats de novembre 2015 en France: la défense d'Abrini demande «une peine juste»

Il est «coupable», «il assume», il «sera condamné» et «il le sait». La défense du Belge Mohamed Abrini a plaidé jeudi pour une peine «juste» pour celui qui «n'a cessé de douter» et a été «capable» de renoncer à participer aux attentats du 13 novembre 2015 en France.

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Les avocats généraux ont requis la perpétuité contre Mohamed Abrini, ami d'enfance de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris et en banlieue.

Mohamed Abrini est «l'homme au chapeau» identifié sur la vidéosurveillance de l'aéroport de Bruxelles le jour des attentats de mars 2016, juste avant qu'il n'abandonne son chariot d'explosifs et prenne la fuite.

Devant la cour d'assises spéciale de Paris en mars et pour la première fois, le Belge de 37 ans a reconnu qu'il était aussi «prévu» pour les attentats du 13 novembre 2015 - comme s'en doutait l'accusation - mais que, déjà, il avait fait marche arrière.

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 2015, il avait quitté dans la précipitation la planque de région parisienne et les 10 autres hommes des commandos qui s'apprêtaient à semer la mort.

«Ce n'est pas rien de renoncer à ce moment», martèle son avocate Marie Violleau.

On vient de «lui montrer sa chambre» et lui, «il s'en va». «Ils le regardent tous (...) Il ne tiendra pas de kalachnikov, n'enfilera pas de gilet explosif, il n'ira pas tirer au hasard sur les terrasses (de bars ou restaurants parisiens). Le 13 novembre, il ne tuera personne».

AFP

Oui, celui qui avait «basculé» à la mort de son frère en Syrie - un moment «fondamental» qu'elle demande à la cour de «comprendre» - a indéniablement apporté «une aide précieuse à la cellule», concède Me Violleau.

Quelques semaines avant les attentats, le «restaurateur de jour, cambrioleur de nuit» de Molenbeek a rencontré le coordinateur de la cellule puis louera des voitures et des planques en région parisienne, reconnaît-elle.

Mohamed Abrini sera donc condamné pour «complicité», «il le sait».

Et pourtant, «en sachant que sa peine sera exemplaire, que ça ne changera pas grand chose», il est «capable» à l'audience de «se désolidariser du reste du box», de «raconter», «de s'avancer sur le chemin de la vérité», note l'avocate.

Un «pas de géant», selon elle. «Deux pas en arrière», avait dit l'accusation, pas convaincue.

Celle-ci avait qualifié Mohamed Abrini de «lâche». «La lâcheté, c'est ce qu'il y a de plus humain», avance son avocat belge, Me Stanislas Eskenazi, en exhortant la cour a ne pas céder à «l'envie de vengeance».

La «peine juste», plaide Me Violleau, n'est pas la réclusion à la perpétuité avec 22 ans de sûreté demandée par le parquet antiterroriste mais «30 ans» - «avec la peine de sûreté que vous voulez».

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