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La retraite après 45 ans au même coin de rue

Après avoir veillé à la sécurité des élèves sur le même coin de rue du secteur Sillery durant 45 ans, l’heure de la retraite a sonné pour une brigadière de 83 ans.

René Lévesque était premier ministre du Québec, Guy Lafleur remportait le championnat des marqueurs de la LNH et le premier film de la saga Star Wars prenait l’affiche sur le grand écran quand Colette Boisvert a commencé à patrouiller à l’intersection de la rue Sheppard et de l’avenue Chanoine-Morel, en 1977.

Depuis, elle ne l’a jamais quittée. « J’ai commencé ici, alors je vais terminer ici », lance en riant la dame, qui effectue son dernier jour de travail aujourd’hui.

Beau temps, mauvais temps, Mme Boisvert s’est fait un devoir d’être à son poste. Elle n’a raté que très peu de journées au cours de sa carrière, amorcée un peu par hasard après une proposition lancée par le brigadier alors en poste. 

« Je marchais tous les jours avec ma fille pour aller à l’école. Il m’a demandé si ça m’intéressait puisque je passais ici tous les jours. Je ne pensais pas faire 45 ans », dit-elle, dans un autre éclat de rire.

Elle n’avait aucune idée à ses débuts qu’elle ferait traverser l’intersection achalandée à deux générations d’enfants. « Je traverse les enfants des enfants », raconte-t-elle fièrement.

Visage connu dans le quartier, Mme Boisvert est saluée par plusieurs marcheurs. Durant l’entrevue au Journal, mardi, elle n’a pas manqué d’échanger quelques mots avec les passants. « Tout le monde me connaît ! », rigole-t-elle.

« Il vous en reste seulement deux », lui lance un homme, qui prend le temps d’échanger quelques mots avant de poursuivre sa route. 

Amie des parents 

Au fil du temps, des liens d’amitié se sont tissés avec certains parents. Un aspect de son travail qu’elle a grandement apprécié.

C’est d’ailleurs, croit-elle, ce qui lui a permis de rester en bonne santé. Le pas assuré, l’œil vigilant, elle demeure très alerte lorsque les piétons traversent. 

« Ça m’a permis de faire mon social avec les gens. Ça me garde en forme parce que je marche. Vraiment, j’ai eu un beau travail et je ne regrette pas d’y avoir consacré 45 ans. »

Après avoir accroché son panneau d’arrêt, Collette Boisvert ne compte pas seulement se reposer. « Des sorties au restaurant » et des « petites visites au casino » sont au menu. 

« On va continuer de profiter de la vie », assure-t-elle.

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