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La Banque du Canada fait grimper le taux directeur de 100 points, à 2,50%

La Banque du Canada a annoncé mercredi une hausse historique du taux directeur d’un point entier, qui atteint désormais 2,5 %. Le remède de cheval inattendu pour mater l’inflation a surpris plusieurs analyses et été bien accueilli par Desjardins.

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«Ça démontre que la Banque s’inquiète de l’inflation et qu’elle est sérieuse dans ses efforts de la ralentir. C’est ça l’histoire [de cette hausse]», a déclaré Marc Desormaux, économiste principal de l’économie canadienne chez Desjardins.

Plusieurs institutions financières au pays, incluant Desjardins, s’attendaient à une augmentation de 0,75 point. Il faut remonter au mois d’août 1998 pour trouver une telle augmentation.

Le gouverneur de la Banque, Tiff Macklem, a reconnu qu’«une hausse de cette ampleur est très inhabituelle» et admis qu’elle était motivée par des «inquiétudes» liées entre autres à une prolongation de l’inflation à très long terme.

L’inflation au pays est «plus élevée et persistante» qu’elle ne le prévoyait au mois d’avril dernier. 

Tournant autour de 7,7 % en mai, celle-ci devrait atteindre 8 % en moyenne au deuxième et au troisième trimestre de cette année.L’objectif derrière cette décision historique est éventuellement de ramener l’inflation dans une fourchette entre 1 % et 3 %. 

Cela ne risque pas d’arriver de sitôt, selon Marc Desormeaux, qui prévoit une inflation au-delà des 3 % «pour les années à venir».

L’expert s’attend à ce que la Banque demeure «agressive» pour les prochains mois.

L’électrochoc a beau en avoir pris plusieurs par surprise, il reste que la Banque avait annoncé ses couleurs au cours des derniers mois: lors de la hausse de 0,5 point annoncée début juin, elle se disait prête à «agir avec plus de force» si l’inflation continuait à prendre de la vigueur.

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Dommages collatéraux sur l’économieL’impact de la décision de la Banque se fera rapidement sentir sur le marché immobilier, autant en termes d’achats et de ventes qu’en construction. 

Cette baisse d’activité affectera graduellement la croissance: la Banque prévoit une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 3,5 % pour 2022 et de 1,75 % pour 2023.

Malgré cela, il s’agit d’un pas dans la bonne direction étant donné l’économie en surchauffe, le taux de chômage à un creux historique et une augmentation de la consommation, croit M. Desormeaux.

«En raison de la forte demande des consommateurs, les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts d’intrants et de main-d’œuvre sur leurs prix de vente», explique la Banque.

La décision lance aussi un signal fort au public et au secteur privé en gérant les anticipations des uns et des autres comme quoi l’inflation n’est pas éternelle.

«Il faut contrôler ces anticipations. Quand les gens et les entreprises anticipent que l’inflation va continuer, ça rend encore plus difficile le contrôle de l’inflation», explique l’économiste.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué en point de presse que son gouvernement allait «continuer de regarder tout ce qu’on peut faire pour contrer ces impacts». 

M. Trudeau a mis l’accent sur la création de «bons emplois» et sur la croissance économique comme manière de traverser la tempête.

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