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La contribution des diplômés universitaires évaluée à 28,9 milliards $ à Montréal

La contribution de l’ensemble des diplômés universitaires à l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) du Grand Montréal serait évaluée à 28,9 milliards $.

C’est ce qui ressort d’une étude publiée mardi par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Celle-ci s’intéressait au rôle des universités sur l’économie de la métropole. Il s’agit d’une mise à jour d’un rapport publié en 2016.

«L’étude montre le lien étroit entre le dynamisme de Montréal et la bonne santé de ses universités. Les secteurs clés de notre économie sont en effet caractérisés par une forte proportion des emplois qui requièrent un diplôme universitaire», a souligné Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM.

À cette grande contribution sur le PIB, la CCMM calcule que les retombées économiques liées aux dépenses des universités seraient de 4,3 milliards $. Celles liées aux dépenses des étudiants internationaux seraient de 427 millions $.

Le secteur universitaire supporte directement 43 660 emplois, et jusqu’à 52 350 en comptabilisant également les emplois indirects.

De même, les diplômés auraient un revenu brut moyen allant jusqu’à 59% de plus par année par rapport à une personne n’ayant pas d’études postsecondaires.

«Aller chercher une formation postsecondaire est l’investissement le plus rentable qui peut être fait», a souligné à ce propos M. Leblanc.

Près de 173 000 étudiants universitaires seraient présents à Montréal. Il s’agirait d’une proportion de 73% de la communauté étudiante du Québec. Les étudiants internationaux représenteraient pour leur part 18% de l’effectif étudiant montréalais.

«C’est un investissement neuf pour la communauté, et ça a un impact sur plusieurs années. Les universités, de par leur clientèle, sont un facteur dynamisant de jeunesse dans une métropole», a noté M. Leblanc.

Les universités seraient également responsables de 40% de la recherche et du développement (R&D) faits au Québec.

«Quand on se compare avec les autres métropoles canadiennes, Montréal est la capitale de la recherche et du développement universitaires au pays. La réputation de la ville comme pôle de recherche est très positive», a souligné M. Leblanc, en indiquant qu’il s’agit d’un élément fondamental pour attirer des investissements étrangers.

L’étude note cependant que la proportion de diplômés universitaire croît plus rapidement dans la plupart des autres villes, une tendance jugée «préoccupante».

Pour la Chambre de commerce, davantage d’actions doivent être posées afin de mieux faire connaître les bénéfices d’avoir une formation universitaire. De même, elle encourage les entreprises et gouvernements à collaborer davantage afin d’accroître le taux de rétention au Québec des diplômés étrangers.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante a pour sa part souligné le travail effectué par les universités pour attirer des étudiants, et la contribution importante que ceux-ci peuvent avoir sur la métropole.

«Ça confirme une fois de plus l’importance des universités dans le développement économique de Montréal et aussi pour le développement de l’innovation et de la main-d’œuvre pour tout le Québec», a-t-elle souligné.

Un «désincitatif» pour venir à Montréal

La CCMM et les représentants des universités de la métropole ont également profité du dévoilement de l’étude pour demander au gouvernement qu’il revienne sur sa décision de baisser les frais de scolarité pour les étudiants étrangers qui iront en région.

«Il crée un désincitatif à venir à Montréal. On ne sait pas du tout l’impact que ça aura. L’inquiétude, c’est qu’il y aura une baisse du nombre d’étudiants étrangers dans nos universités ici. Si c’est le cas, ça va affecter leur finance, et ça va nous affecter comme lieu économique», a dénoncé M. Leblanc.

Annoncée en mai dernier par le gouvernement Legault, la mesure sera effective à partir de l’automne 2023, et permettra à des étudiants étrangers effectuant leurs études à l’extérieur du Grand Montréal de payer les mêmes frais de scolarité que ceux payés par les étudiants québécois. Cela, dans l’objectif d’encourager l’immigration en région.

«Il ne faut pas déshabiller Jean pour habiller Jacques. L’objectif d’avoir plus d’étudiants étrangers en région – absolument, mais ça ne devrait pas se faire au détriment de Montréal», a ajouté Mme Plante, qui demande plutôt au gouvernement d’augmenter ses cibles.

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