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«L’entrevue qui a changé ma vie»

Capture d'écran d'une entrevue avec Jacques Parizeau menée par Stéphan Bureau

L’entrevue qu’il a obtenue avec Jacques Parizeau, le jour du référendum de 1995, a changé la vie de Stéphan Bureau, et ce n’est pas à cause des révélations exclusives que lui avait faites Jacques Parizeau en cas de victoire ou de défaite du camp du Oui. 

Non, ce qui avait marqué l’animateur alors âgé de 31 ans, et qui menait cet entretien potentiellement historique pour le compte de TVA, c’est la fébrilité de l’homme d’État qui était assis devant lui. 

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«Il y avait des émotions, se souvient Stéphan Bureau. Ça a changé ma vie, pas au sens où c’est un trophée de chasse, mais parce que ç’a eu un impact sur ma pratique. J’ai découvert et compris des choses qui m’ont été très utiles. Plus fort que tous les scoops, ce que je retiens, c’est la confiance et l’émotion qui se dégagent. C’est une grande leçon de choses.» 

Poser toutes les questions

Stéphan Bureau compte bien continuer d’appliquer cette leçon de vie sur le plateau de sa nouvelle émission Le monde à l’envers, mais attention: l’émotion ne doit pas céder le pas à la complaisance ni à une certaine censure. 

Les médias, qui forment le quatrième pouvoir, ont la responsabilité sérieuse dans un espace démocratique « de poser les questions, y compris les questions fâcheuses, à ceux qui ont de l’impact sur nos vies ». 

Il déplore qu’au Québec, mais aussi ailleurs, nous ayons accepté que des questions doivent être évitées, ce qu’il considère comme étant une forme de censure en amont. 

«Peut-être que je suis un monument dinosauresque, mais je refuse de penser qu’il y a des questions qui ne se posent pas, d’abord parce que ce serait très condescendant de présumer que la personne à qui on la pose ne serait pas capable d’y répondre.» 

Baveux avec Chrétien

De toute sa carrière, durant laquelle il ne s’est jamais gêné pour brasser les politiciens qui ont défilé devant lui – parlez-en à Jean Charest à la veille de l’élection de 2003 –, Stéphan Bureau ne regrette qu’une seule question, posée à Jean Chrétien au retour d’une mission économique en Chine. 

«TVA n’avait pas envoyé de correspondant. Au retour, parce qu’ils étaient fiers des résultats, ils m’avaient offert une entrevue exclusive avec le premier ministre. C’est rare qu’ils courent après les journalistes. J’avais donc commencé en disant: “M. Chrétien, vous devez être bien heureux parce que ça n’arrive jamais que vous m’appeliez ou que vous appeliez les journalistes pour donner une entrevue”. C’était malhabile. Pas au niveau de l’effet, parce qu’il est sorti de ses gonds et ça a donné un moment de télévision, mais je comprends qu’il était en crisse. En fait, malhabile n’est pas le bon mot. C’était baveux.» 

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