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Une promesse brisée qui inspire l’abstentionnisme

Bloc vote élection élections

Photo Adobe Stock

On peut voir actuellement une excellente série danoise sur Netflix. Il s’agit de Borgen, une femme au pouvoir. Celle-ci nous permet d’entrer dans les arcanes d’une démocratie proportionnelle, où les 179 députés du Parlement danois représentent fidèlement les choix idéologiques de la population. On y voit des chefs de partis qui représentent leurs électeurs et qui tentent de gagner des points au niveau de l’électorat.  

J’ai eu foi en la parole de François Legault lorsqu’il a promis et signé une déclaration solennelle en faveur d’un mode de scrutin se rapprochant de celui du Danemark. Un homme aussi solide et pragmatique pourrait y arriver là où les autres ont échoué. Ma déception fut grande quand les médias ont annoncé sans grande pompe l’abandon de cette promesse électorale en décembre dernier. Cela me conduit à l’essentiel de mon propos : pour cette élection particulière, en tant que simple citoyen intéressé par la chose publique, je prône l’abstentionnisme. 

Cynisme 

Le cynisme des citoyens vient souvent avec les promesses brisées des politiciens. Je n’échappe pas à cette règle : autant les libéraux fédéraux que la CAQ ont brisé une promesse phare de leur programme qui était de réformer le mode de scrutin. Cette promesse était lourde de sens pour l’avenir de notre démocratie. 

Cette promesse brisée nous condamne pour les années à venir à assister à ce cirque pathétique d’une députation en partie inutile sur le plan législatif où chaque député joue le jeu de son parti pour gagner des points électoraux qui varient de toute façon au gré des aléas de l’histoire et des humeurs populaires. Qu’on les laisse gouverner par sondage le temps d’un mandat! 

Elle nous condamne à assister au sein de notre chambre des représentants aux mêmes divisions sourdes auxquelles on assiste entre des factions idéologiques qui n’arrivent pas à s’entendre – comme dans notre triste société qui se divise à mesure que les citoyens se réfugient chacun dans leur chapelle idéologique. Notre assemblée nationale aurait pu montrer un exemple édifiant si cette réforme n’avait pas été torpillée. 

Cette promesse brisée condamne mon vote, différent de celui de la majorité des citoyens de ma circonscription, à aller s’inscrire dans la colonne des valeurs insignifiantes du pouvoir politique. Ce système fait en sorte qu’un parti qui arrive à séduire 25 % de la population peut néanmoins gagner 100% du pouvoir si son opposition est fragmentée et éparpillée dans les circonscriptions. 

Pourquoi, au juste ?

Mais pourquoi donc cette réforme du mode de scrutin a-t-elle été abandonnée ? La raison en est simple m’a-t-on dit : nous n’arriverons jamais à assoir des députés qui ont été élus personnellement grâce au mode de scrutin uninominal à un tour pour qu’ils s’entendent afin de réformer ce système qui a servi leur intérêt. Cette réponse est affligeante, car nous sommes en droit de nous attendre à ce que nos élus parviennent à départager leur intérêt particulier de l’intérêt général. À quoi bon travailler pour l’intérêt collectif, si nos représentants politiques n’arrivent même pas se dégager de leur intérêt personnel à se maintenir au pouvoir? 

Parce qu’enfin oui, après avoir été trahi sur cette question par tous les gouvernements, j’ose affirmer avec les révolutionnaires de mai 68 que cette élection est, pour plusieurs de mes concitoyens, « un piège à cons. » Laissons-le leur savoir par un taux d’abstention record ! 

Ian de Valicourt, Citoyen dans Gouin

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