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Fusillades: «Embaucher [des policiers] ne règle pas tout», dit la mairesse

LAURENT CORBEIL/AGENCE QMI

Bien qu’elle se réjouisse de l’aide gouvernementale pour embaucher davantage de policiers à Montréal, la mairesse Valérie Plante croit toutefois que la crise de sécurité publique ne se réglera qu’avec des mesures variées.

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«La solution rapide, simple, elle n’existe pas, parce que c’est complexe. Mais on est dévoué à trouver des solutions, qui vont s’inscrire dans le temps, et qui vont aussi influencer, je l’espère, d’autres modèles et d’autres Villes à faire les bons choix», a-t-elle expliqué, mercredi matin, au cours d’une réunion de son comité exécutif.

Pour rappel, samedi, le gouvernement avait annoncé un investissement de 250 millions $ sur cinq ans, pour renforcer la présence policière à Montréal. Le plan présenté prévoyait notamment l’embauche de 450 policiers supplémentaires au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Un objectif qui serait toutefois inatteignable selon notre Bureau d’enquête, qui s’est penché sur la question. Cela, en raison notamment des nombreux départs à la retraite prévus au SPVM et des conditions difficiles à Montréal qui rebutent les nouveaux diplômés.

Depuis un an, les fusillades se multiplient dans la métropole. Dans son rapport annuel pour l’année 2021, le SPVM enregistrait 144 décharges d’armes à feu. Une situation qui ne semble pas avoir diminué cette année. La semaine dernière, deux meurtres commis en plein jour dans des lieux publics, à une trentaine de minutes d’intervalle, avaient secoué la Ville.

«Pour notre administration, lutter contre l’augmentation des crimes armés, ça passe par une multitude d’outils. Ça passe par une approche intelligente, bienveillante, pragmatique, qui vient toucher différents aspects», a indiqué Mme Plante, qui souhaite également s’attaquer aux causes «systémiques» de la violence.

À cet effet, elle a donné en exemple l’importance de l’habitation et d’avoir des milieux de vie accueillants ainsi que des infrastructures pour tous.

«Une population mobilisée et motivée qui fait les bons choix et qui ne se tourne pas vers la criminalité, c’est une population qui a des opportunités. Il faut s’assurer que nos citoyens partent de la même ligne de départ», a-t-elle soutenu.

Mme Plante s’est également réjouie que le gouvernement ait octroyé, dans son enveloppe, des fonds pour l'équipe mobile de médiation et d'intervention sociale (ÉMMIS). Il s’agit d’un projet-pilote mis en place en 2021 dans l’arrondissement de Ville-Marie, dans lequel des intervenants psychosociaux civils peuvent intervenir dans des situations de détresse psychologique.

«Ça contribue à ce que les policiers qui ont été formés, et pour lesquels on veut qu’ils courent après des méchants avec des guns, qu’ils puissent faire ce travail et leur enlever la pression de répondre à certains appels qui demandent davantage une intervention d’ordre psychosociale», a expliqué la mairesse.

De son côté, l’opposition officielle a aussi affirmé être consciente que l’embauche de nouveaux policiers ne réglera pas la problématique de la flambée de violence à «elle seule». Elle indique être en mode «solution» et avoir proposé d’autres idées, outre leur demande de rétablir le nombre d’effectif au SPVM.

«Parmi elles, notons des sommes pour la construction d’un centre sportif à Montréal-Nord qui ont malheureusement été refusées lors du dernier budget de la Ville, l’augmentation du soutien dédié aux organismes communautaires et l’évaluation des besoins en intervenants sociaux», a soutenu Abdelhaq Sari, porte-parole en matière de sécurité publique pour l’opposition.

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