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Cinq ans de statut de métropole pour Montréal

PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

Bien que la ville de Montréal peut se targuer d’avoir officiellement le statut de métropole depuis maintenant cinq ans, les pouvoirs qui accompagnent le titre seraient davantage symboliques que concrets.

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«Le statut de métropole, c’est surtout un moment politique. Les politiciens qui portaient ça sur leurs épaules avaient créé dans l’imaginaire des gens l’idée qu’il y avait un projet de vie. En réalité, c’est un outil de négociation, mais personne ne savait ce que ça voulait dire», a résumé le professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, Jean-Philippe Meloche.

En 2017, le gouvernement du Québec avait reconnu le statut particulier de Montréal, adoptant le projet de loi 121 qui augmentait l’autonomie et les pouvoirs de la Ville. Un combat qu’avait mené l’ancien maire Denis Coderre, qui était alors en campagne électorale.

«À la marge, on a changé de petites choses, haussé l’autonomie, donné quelques moyens supplémentaires, fait des transferts de plus. Ça tourne beaucoup autour du développement économique. Ça va aussi avec la personnalité du maire qui était là à l’époque», a noté M. Meloche.

La reconnaissance avait trois grands objectifs: donner des outils supplémentaires pour accroître le développement économique de la ville, lui accorder de nouveaux pouvoirs pour améliorer la qualité de vie des Montréalais et moderniser la gouvernance municipale.

Parmi des exemples concrets des pouvoirs octroyés, la Ville a pu obtenir de fixer les heures d’ouverture des bars et des établissements commerciaux, d’accorder des aides financières aux entreprises et commerces et intervenir plus facilement dans les cas d'immeubles détériorés ou insalubres.

«Il y a cinq ans, je disais que la reconnaissance du statut de métropole pour Montréal était plus politiquement symbolique que vraiment opérationnelle», se remémore pour sa part la professeure en gestion municipale à l’UQAM, Danielle Pilette.

Néanmoins, un point important en ressort, selon elle, alors que Montréal y a obtenu son droit de préemption. Pour rappel, celui-ci permet à la Ville d’égaliser toute offre d’achat lors de la vente d’un terrain préalablement désigné, afin de pouvoir l’acquérir.

La Ville y gagnait aussi la possibilité d’offrir plus de services aux immigrants, également plus d’autonomie en matière d’habitation et pour lutter contre l’itinérance, ainsi qu’en culture et patrimoine.

«Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est qu’il n’y a presque rien sur la sécurité publique. Le contexte a beaucoup changé», a fait remarquer Mme Pilette.

Comparaison avec Toronto

Selon les explications de M. Meloche, c’est d’abord la Ville de Toronto qui a pu obtenir un statut unique du gouvernement ontarien, en raison de son rôle de métropole économique du Canada et des besoins particuliers que ça entraînait.

«Il y avait quelque chose qui avait été donné à Toronto, et tout de suite, Montréal a dit qu’elle voulait la même chose», a-t-il expliqué.

«Quand on décortique l’entente que Toronto a eue, on réalise qu’elle avait obtenu des choses que Montréal avait déjà de toute façon, comme de prélever une taxe de mutation», a ajouté M. Meloche, pour qui ces changements n’ont «pas été révolutionnaires».

Pas suffisamment utilisé

Maintenant dans l’opposition, Ensemble Montréal, le parti qui était au pouvoir lors de l’obtention du statut de métropole, estime que l’administration Plante n’en a pas utilisé le plein potentiel.

«Alors que le statut de métropole était une belle avancée en 2017 et que l’on vit une crise du logement, il est malheureux de constater que le Réflexe Montréal ne donne pas les résultats escomptés dans la livraison d’unités de logements sociaux», a dénoncé le chef de l’opposition officielle, Aref Salem.

Il estime aussi que l’administration a «échoué à en tirer profit» en matière de lutte contre l’itinérance. «Depuis quatre ans, elle gère l’ouverture et la fermeture des ressources hivernales à la pièce», a-t-il soutenu.

Le cabinet de la mairesse a décliné notre demande d’entrevue.

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