/regional/montreal/montreal

Pénurie: des policiers de Montréal jouent aux brigadiers au lieu de patrouiller

Un policier de la métropole aidait des écoliers à traverser une artère achalandée du quartier Saint-Léonard, à Montréal, hier.

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Un policier de la métropole aidait des écoliers à traverser une artère achalandée du quartier Saint-Léonard, à Montréal, hier.

Des policiers de Montréal doivent remplacer des brigadiers depuis la rentrée au lieu de patrouiller, alors que les appels à augmenter les effectifs policiers dans la métropole se multiplient.

• À lire aussi: Embauches de policiers: Québec lance la balle à Montréal

• À lire aussi: Fusillades: «Embaucher [des policiers] ne règle pas tout», dit la mairesse

« Ça n’a aucun bon sens ce qui se passe actuellement. Les policiers trouvent ça aberrant, mais en même temps on comprend que les enfants doivent être sécurisés », lance l’ex-policier Stéphane Wall. 

Lors du passage du Journal hier midi aux alentours d’une école primaire de Saint-Léonard, à Montréal, près de la moitié des brigadiers étaient en fait des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). 

« Je vais être pris à faire ça pour un petit bout, jusqu’à ce qu’ils en embauchent », soupire l’un d’eux. 

Le syndicat des brigadiers de Montréal confirme que la situation est précaire.

« Il ne faut pas se le cacher, les brigadiers qu’on a ont 60, 70 ou même 80 ans. Il y en a qui prennent leur retraite. Avoir de nouveaux brigadiers, ce n’est pas évident », précise le président du syndicat, Marc Babin.

FD-POLICIERS-BRIGADIERS

Photo Agence QMI, Maxime Deland

En temps supplémentaire

Souvent, on demande aux policiers de prolonger leur quart de travail, ou de rentrer plus tôt, pour effectuer cette tâche et ils sont ainsi rémunérés à temps supplémentaire, selon nos informations.

Le recours à des policiers comme brigadiers survient alors que plusieurs demandent de renforcer les effectifs à Montréal, en réponse à la flambée de violence par arme à feu. 

Selon des informations du Bureau d’enquête dévoilées hier, il sera d’ailleurs impossible pour le corps policier d’embaucher les 450 agents supplémentaires promis par la CAQ d’ici cinq ans.

Les agents assignés à la surveillance des intersections considérées comme prioritaires doivent y rester en tout temps le matin, le midi et à la sortie des classes. Ils ne sont donc pas disponibles pour répondre aux appels du 911.

« Avec les policiers qui doivent jouer aux brigadiers, combien penses-tu qu’il y a d’appels en attente dans le secteur ? » se demande un agent du SPVM, qui a requis l’anonymat.

« On est en manque de policiers, en manque de brigadiers, ça ne va pas bien ! Pendant ce temps-là, je ne suis pas sur la route à enquêter, à être visible, à faire ma job de police », renchérit un collègue. 

Contacté en après-midi, le SPVM n’avait toujours pas répondu aux demandes du Journal hier. 

FD-POLICIERS-BRIGADIERS

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Dernier recours

Selon nos informations, certains postes de quartier doivent actuellement allouer jusqu’à cinq agents par jour à la surveillance des rues autour des écoles.

Un commandant souhaiterait même affecter une recrue, qui arrivera en septembre, à un poste de brigadier à temps plein, en raison du manque d’effectifs, nous a-t-on indiqué. 

Écoutez l'entrevue avec l’ex enquêteur Roger Ferland à l’émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 23 via QUB radio : 

Puisque la gestion des brigadiers scolaires dans la métropole relève du SPVM, le corps policier est responsable d’avoir du personnel qualifié aux intersections désignées.

« C’est la sécurité des enfants qui est la priorité. Quand ils n’ont pas de [brigadiers] surnuméraires, ils mettent un policier sur le coin de la rue », explique M. Babin.

La Fraternité des policiers de Montréal croit pour sa part que « la Ville doit recruter suffisamment de brigadiers scolaires et de cadets policiers pour [...] s’assurer que les bonnes ressources soient mises à la bonne place, ce qui n’est pas le cas ici. Le policier est le dernier recours. »

– Avec Félix Séguin, Bureau d’enquête, et Maxime Deland, Agence QMI

Vous avez un scoop
à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.