/regional/montreal/montreal

Un projet pour apprendre le français aux commerçants

POL-MONTREAL-FRANÇAIS

Félix Lacerte-Gauthier

Afin de permettre aux commerçants de communiquer avec leur clientèle, des formateurs en langue seconde se rendront dans divers restaurants de Montréal pour enseigner aux propriétaires et employés les bases de la langue de Molière. 

«Une métropole qui est capable de servir la clientèle en français, c’est un atout sur le territoire nord-américain, et un avantage pour le positionnement de la métropole», a expliqué Billy Walsh, directeur général de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM).

Pour les commerces qui s’y inscrivent, jusqu’à 100 heures de cours pourront être dispensés gratuitement, par tranche de 30 minutes ou d’une heure. Les formateurs pourront aussi bien travailler avec l’ensemble de l’équipe d’un restaurant, qu’individuellement avec certains employés. L’initiative visera à leur apprendre à répondre dans des situations auxquelles ils doivent régulièrement faire face dans le cadre de leur travail.

«On se déplace dans leur commerce pour être en mesure de les suivre dans leurs activités quotidiennes. On n’est pas dans un cours où on s’assoit et on transmet de l’information. On est dans l’action et on est capable d’appuyer de façon linguistique leurs opérations», a expliqué M. Walsh.

Dans la première phase du projet pilote qui sera testé jusqu’en mars prochain, un maximum de 60 restaurants, situés sur certaines SDC, pourra s’inscrire au projet. L’ASDCM espère pouvoir élargir l’initiative dans une seconde phase à différents types de commerce, et sur davantage d’artères commerciales.

Selon les calculs de l’association, environ 5% des commerçants pourraient avoir besoin du projet.

«On voit à long terme, dans une perspective de pénurie de main-d’œuvre et de retour des étudiants étrangers à Montréal, peut-être que le besoin de soutien langagier va être de plus en plus en demande», a soutenu M. Walsh.

Application mobile

En parallèle, l’ASDCM lancera également une application mobile pour téléphone intelligent, afin d’aider les commerçants et employés dans leur apprentissage du français. L’application sera indépendante des formations, mais complémentaire.

«Ils pourront parcourir l’application le soir pour être capables de faire un rafraichissement des notions qui auront été apprises pendant la journée», a indiqué à ce propos M. Walsh.

Pour lancer son initiative, l’ASDCM s’est associé au cégep du Vieux Montréal, qui a développé la conception pédagogique des capsules et fiches d’activités du projet.

Pour l’instant, deux enseignants de français langue seconde participeront au projet en tant que formateurs. D’autres pourraient être appelés en renfort, selon le nombre de participants.

«Chaque formateur est capable de faire environ 20 commerces. Ensuite, ça va dépendre de la demande», a expliqué Andréanne Gendron-Landry, conseillère pédagogique au cégep.

Dans les prochaines semaines, l’ASDCM lancera officiellement sa campagne pour recruter les commerces participants.

Propriétaire du restaurant Hong Mère, Yulong Shuang a cependant déjà accepté d’y prendre part et est le premier inscrit.

«Je voudrais que mes travailleurs comprennent mieux ce que les clients veulent manger, pour éviter qu’ils sortent d’ici en ayant un malaise», a-t-il confié.

Lui-même voit d’un très bon œil l’initiative, dont il croit qu’elle pourra être bénéfique pour de nombreuses personnes.

«Mes serveurs parlent un peu le français, mais ils pourront mieux comprendre les questions spécifiques. Il s’agit parfois de mots plus spécifiques, comme le lactose, ou des allergies au crustacé. Des choses comme ça qu’on n’entend pas dans la vie de tous les jours», a-t-il ajouté.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.