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Salle de tir du SPVM: des coûts qui grimpent

Photo d'Archives Agence QMI

Le projet de construction d’une nouvelle salle de tir, réclamé depuis des années par la police de Montréal, fait du surplace et ses coûts prévus ont triplé pour atteindre 34 millions $.

En 2014, la Ville avait acquis un terrain appartenant à Shell Canada, dans Montréal-Est, au coût de 8,3 millions $, afin de regrouper «divers services» dans un bâtiment dédié uniquement au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’année suivante, la Ville autorisait le lancement d’un appel d’offres pour «réaliser les plans, devis et la surveillance de travaux dans le cadre du projet de construction de nouvelles salles de tir». 

Un contrat a par la suite été accordé en février 2016 à Girard Côté Bérubé Dion Architectes, Stantec et Le Groupe BC2, pour la somme de 1,5 million $.

En 2017, le coût évalué était de 13,8 millions $ «pour les trois phases soit la décontamination des sols, la construction d’un nouveau bâtiment et la construction d’un bassin de rétention», est-il noté dans le compte-rendu d’une réunion entre la Ville et le SPVM.

Toutefois, la facture aurait depuis gonflé. Des investissements de 34 millions $ seraient nécessaires pour le projet, selon un rapport du SPVM.

«Plusieurs changements aux besoins du SPVM (positionnement sur le nombre de pas, longueur des pas de tir, disposition des locaux et équipement des armuriers) demandent des investissements plus importants qu’initialement», est-il noté dans un rapport interne du SPVM daté du 1er mai 2020.

Le 26 août dernier, notre Bureau d’enquête révélait que seulement 98 des 4727 policiers de Montréal ont effectué une pratique de tir l’an dernier. 

Une situation qui serait entre autres due au manque d’effectif, les policiers ne pouvant être libérés pour aller s’exercer.

Prévue depuis des années, la construction de la salle de tir ne semble pas avoir d’échéancier précis. 

À la Ville de Montréal, on indique que «les discussions et l'analyse entourant ce projet sont toujours en cours».

Nécessité

La nouvelle salle comprendrait un total de 16 pas de tir. Huit serait situé à l’intérieur, et les huit autres en extérieur, sur le terrain de l’immeuble. 

Cela s’ajouterait à ceux déjà disponibles dans d’autres bâtiments du SPVM.

Dans sa présentation de 2017, le SPVM calculait qu’avec une utilisation sept jours sur sept pendant 40 semaines par année, un nombre de 24 pas de tir serait nécessaire afin de satisfaire ses besoins, notamment pour les qualifications et certifications de ses effectifs.

Présentement, le SPVM ne dispose que de neuf pas de tir, répartis entre ses centres opérationnels (CO) Est et Ouest.

Quatre autres, situés au CO Nord, sont fermés depuis 2013, en raison de la présence de plomb.

Le SPVM loue également un champ de tir extérieur à Laval, au coût de 162 000 $ par année. La municipalité l’a toutefois informé qu’elle le fermera «éventuellement».

En 2014, la Fraternité des policiers et policières de Montréal avait dénoncé ce manque de salle d'entraînement. 

Elle avait alors déposé une plainte à la Commission des relations de travail pour exiger que la Ville corrige la situation, et ensuite mis en demeure le chef du SPVM, qui était alors Marc Parent, en alléguant que le manque d’entraînement des policiers causait des lacunes en matière de sécurité.

Décontamination

En 2013, le SPVM a dû fermer la salle de tir de son CO Nord en raison de la présence de plomb. 

La même année, la Ville a accordé un contrat de 100 000 $ à INF inc. pour la réalisation de travaux de décontamination.

Toutefois, malgré ceux-ci, les niveaux de plomb sont demeurés «trop élevés sur les surfaces et dans les conduits de ventilation» pour que la salle puisse rouvrir.

En 2019, la Ville a conclu une entente de deux ans, d’une valeur de 5,5 millions $ avec le Groupe Marchand Architecture pour la réalisation des plans et devis de travaux de rénovation, qui permettrait de remettre la salle de tir aux normes maintenant en vigueur et sécuriser les lieux.

Un second contrat, de 1,3 million $, a été accordé en 2021, après la fin de la première entente, pour la «rétention de services professionnels». 

Selon l’échéancier qui y était alors indiqué, les travaux débuteraient en octobre prochain, neuf ans après la fermeture de la salle de tir.

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