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Augmentation des tarifs de taxi: un métier qui ne sera pas plus attrayant

L’augmentation des tarifs des taxis, entrée en vigueur lundi, n’aura pas les effets escomptés, selon le Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal (RPTM), qui estime que la profession n’a que peu d’avenir.

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En juin dernier, la Commission des transports du Québec (CTQ) a décrété une hausse des tarifs à la suite d’une consultation publique ayant eu lieu en mars dernier. Il s’agit d’une première hausse depuis 2018.

Ainsi, depuis lundi, le tarif de base pour une course est passé de 3,50 $ à 4,10 $. À cela s’ajoute une redevance de 1,05 $ affectée au programme d’indemnisation des anciens titulaires de permis de propriétaire de taxi.

Le prix au kilomètre parcouru est pour sa part passé de 1,75 $ à 2,50 $ par kilomètre.

Toutefois, l’effet pour les chauffeurs ne sera que marginal, selon Max-Louis Rosalbert, président du RPTM. Selon lui, l’augmentation avait surtout pour objectif de remédier à un manque de main-d’œuvre dans le milieu. Une situation qui n’est toutefois pas près de changer.

«Il n’y a aucune rentabilité dans le taxi. Ça va être difficile d’attirer de nouveaux chauffeurs, a-t-il indiqué. Personne ne va acheter une voiture pour travailler à 10 $ de l’heure.»

GUILLAUME PELLETIER/24 HEURES/AGENCE QMI

Dans sa décision, la CTQ propose en outre un nouveau tarif de nuit, applicable entre 23 h et 4 h 59, dans lequel le tarif de base et au kilométrage sont majorés de 15 %.

«Ça fait une éternité qu’on demandait des tarifs de soir et jours fériés. Maintenant, ils pensent que les tarifs de nuit vont régler quelque chose. C’est sûr qu’il y a des chauffeurs qui vont en profiter. Mais ça n’augmentera pas le nombre de chauffeurs», a-t-il expliqué.

Selon lui, la mesure ne permettra pas de combler le manque d’offres dans les extrémités de l’île, puisque les chauffeurs ne voudront pas davantage «passer la nuit à attendre» pour faire une ou deux courses.

Arrêté dans un poste d’attente de la 3e Avenue, dans le secteur de Rosemont, le chauffeur Jean-Claude Désir tentait de comprendre, tant bien que mal, la nouvelle grille tarifaire avec un collègue arrêté devant lui. Les deux estimaient qu’il y avait un manque d’informations de la part de la CTQ.

«Ce n’est pas nécessaire. Je pense que ça fera mal aux taxis», a-t-il déploré en estimant que les nouveaux tarifs pourront dissuader des clients d’utiliser leur service.

Sa crainte est d’autant plus vive que les revenus ne sont pas suffisants pour bien en vivre. «Actuellement, après les taxes, il n’y a pratiquement rien qui nous reste», a-t-il révélé.

«Ce matin, j’ai commencé à 7 h 30, mais j’ai fait à peine 80 $. C’est un client que j’ai amené à l’aéroport qui m’en a rapporté l’essentiel», a-t-il confié vers 14 h.

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