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Recyclage: bris de service évité à Lachine

TVA Nouvelles a appris qu’une menace sérieuse de bris de service planait jusqu’à tout récemment au centre de tri de Lachine, que des ballots de produits recyclables contaminés se sont accumulés et que les heures de l’exploitant Ricova sont comptées à cet endroit.

En effet, selon plusieurs sources consultées au cours des derniers jours, dont certaines, au cabinet de la mairesse Valérie Plante, les avocats de la Ville de Montréal et ceux de la compagnie Ricova sont sur le point de finaliser un plan de transition dans un contexte de collaboration. Un nouveau joueur déjà bien actif dans le domaine du recyclage au Québec, la Société Via, prendra la relève au centre de tri de Lachine qui a connu, depuis son inauguration en 2019, divers problèmes avec sa machinerie, entraînant le rejet de milliers de tonnes de produits recyclables à la poubelle.

D’autres constats préoccupants ont été faits par des employés du service de l’environnement de la Ville qui se sont rendus dans l’arrondissement de Lachine. Les ballots s’accumulent et certains d’entre eux, contaminés à 25%, ne sont plus acceptés pour l’exportation. Cela ne date pas d’hier. En 2020, le Journal de Montréal rapportait que les ballots produits par le centre de tri contenaient en moyenne de 10 à 20 % de déchets, alors que la norme nord-américaine est fixée à 3 %.

Selon nos informations, le service du contentieux de la Ville a informé mardi les avocats de Ricova de leurs intentions de résilier le contrat au centre de tri de Lachine. Une autre rencontre visant à finaliser le tout est prévue aujourd’hui. On s’attend à ce que les élus du comité exécutif de la Ville de Montréal soient convoqués au cours des prochains jours pour entériner la résiliation de ce contrat.

Cette démarche n’a rien de surprenant parce que Ricova a été épinglé l’été dernier par le Bureau de l’Inspecteur général (BIG) et l’entreprise va se retrouver sur la liste noire des contrats de la Ville pour une période de cinq ans. Selon le BIG, Ricova vendait à bas prix ces matières à Ricova International, qui elle-même les revendait ensuite à l’étranger à fort prix, contournant ainsi le contrat avec la Ville et se gardant des revenus non déclarés de 20 $ par tonne.

Si Ricova est sur le point de perdre le contrat du centre de tri de Lachine, il conservera jusqu’à nouvel ordre le contrat du centre de tri de Saint-Michel ainsi que des opérations de collecte et de transport des matières.

À partir de 2025, les municipalités du Québec, dont Montréal, ne seront plus responsables de gérer la collecte et le tri des matières recyclables. 

C’est un organisme géré et financé par les producteurs d’emballages qui devra s’occuper de ramasser les bacs de récupération, de les trier et de vendre papiers, plastiques et autres matières.

Réaction de la mairesse

En réaction aux révélations de TVA Nouvelles, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi au comité exécutif en déclarant qu’il n’y aura pas de bris de service dans la collecte de recyclage.

«Je tiens à rassurer les Montréalais que la collecte du recyclage est un service essentiel et que tout est mis en œuvre pour assurer la continuité des opérations. On a constaté que les matières s’accumulaient depuis quelques semaines à Lachine parce que Ricova n’arrive pas à écouler les ballots sur le marché de l’exportation comme le prévoit son modèle d’affaires. Ricova a récemment formulé à la Ville une menace de fermeture d’usine et pour nous, c’est non.»

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