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Monsieur Legault, on n’a plus les moyens de se payer un trois et demi

Photo courtoisie

Alors que les élections sont derrière nous, il est temps de voir à la mise en place de vraies mesures qui aideront la population québécoise à faire face à la crise du logement à long terme.

Ce n’est surtout pas avec des promesses à moitié accomplies que notre premier ministre arrivera à surmonter les difficultés immobilières de la province. En effet, des 15 000 logements sociaux devant être construits lors de son dernier mandat, seuls 7900 logements de cette nature ont vu la lumière du jour selon la Société d’habitation du Québec.

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Pas simple de voler de ses propres ailes

Comme plusieurs jeunes Québécois, c’est avec beaucoup d’anticipation que je me demande comment je vais me permettre de louer un appartement sans y engloutir toutes mes économies. Nous voyons donc l’émergence d’un dilemme pour les jeunes qui sont souvent contraints d’emménager dans la métropole pour le travail ou les études, mais qui ont de la difficulté à trouver un logement conforme et abordable.

Étant donné que le loyer moyen pour un trois et demi à Montréal dépasse 1500$, un simple calcul permet de constater qu’un salaire annuel de 60 000$ serait nécessaire pour atteindre l’objectif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement qui stipule que le coût d’un logement devrait représenter moins de 30% du revenu d’un ménage. Pour les étudiants qui ont un revenu limité et qui se consacrent sérieusement à leurs études, cela est un scénario totalement irréaliste.

Payer un loyer dans le contexte où les prix grimpent partout occasionne nécessairement un stress de plus chez les jeunes qui pourraient se voir découragés en franchissant cette nouvelle étape de leur vie.

Des solutions pour «l’impossible»

Il est temps que nos élus deviennent créatifs dans leur élaboration de solutions, et de redresser la situation concernant les conséquences de la COVID-19 serait un bon début. Comme nous le savons tous, la diminution du tourisme et du travail au bureau a laissé plusieurs établissements vacants. Il y a donc ici une occasion en or pour tenter d’équilibrer le marché immobilier en reconvertissant ces espaces qui accumulent la poussière en logements abordables.

Une autre option serait de se baser sur des modèles d’ailleurs dans le monde qui ont eu des retombées positives. Dans le cadre de son rapport de 2020, l’OCDE souligne notamment le modèle de Vienne, qui se distingue par la construction de logements semi-sociaux où les organismes doivent réinvestir tous leurs profits dans la création de nouveaux immeubles. Conséquemment, revisiter la réglementation d’urbanisme et d’aménagement pour permettre à des promoteurs à but non lucratif comme UTILE de construire des logements étudiants viendrait libérer des appartements dans tous les centres académiques du Québec. Cela laisserait place aux familles qui n’ont pas encore eu la chance de trouver leurs «chez-soi».

Un avertissement pour Québec

Nos homologues anglophones semblent l’avoir encore pire, considérant la flambée des loyers dans certaines grandes villes du Canada. C'est le cas pour Toronto, où les loyers ont vu une augmentation de 24,5% dans la dernière année, ce qui se traduit par une dépense moyenne de 2667$ par mois pour ses résidents.

Si nous ne voulons pas que le Québec finisse comme d’autres provinces canadiennes dont les marchés locatifs sont encore moins favorables aux jeunes, nous avons besoin de solutions à long terme. Un chèque de 400$-600$, ça fait plaisir à recevoir, mais ça ne règle pas le problème.


Vanessa Tailly-Mambro
Étudiante à la maîtrise en science politique option affaires publiques et internationales de l’Université de Montréal

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