/news/law

Fin des interceptions sans motif: un expert s’inquiète pour la sécurité sur les routes

La récente décision de la Cour supérieure, qui aura pour effet d’empêcher les policiers d’intercepter des automobilistes sans motif, risque d’avoir des conséquences importantes, selon un expert.

• À lire aussi: Profilage racial: la CDPDJ salue la décision historique de la Cour supérieure du Québec

• À lire aussi: Fin des interpellations sans motif: «un jugement qui est le bon», dit Plante

• À lire aussi: Profilage racial: fini les interceptions sans motif, ordonne un juge

Il y a quelques jours, le juge Michel Yergeau a sonné le glas des contrôles routiers «aléatoires». Il a précisé que le profilage racial des policiers existait lors de ces interventions et que «c’est une réalité qui pèse de tout son poids sur les collectivités noires». Le magistrat a donc décidé de mettre fin à ces interceptions sans motif, même si la Cour suprême les avait autorisées en 1990.

Le directeur général de l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), Didier Deramond, a indiqué être «préoccupé» par la décision, lors d’une entrevue à LCN.

«Il y a un débat à avoir pour essayer de regarder comment on va gérer la suite des choses, a-t-il dit. C’est correct d’avoir le débat juridique, mais ce qu’on vient dire à la population, c’est qu’il y a des conséquences majeures en matière de bilan routier et de sécurité routière.»

«On doit vérifier, a-t-il martelé. Plus de 20% des accidents mortels impliquaient des conducteurs avec des restrictions de leur permis de conduire. [...] Il va falloir regarder la légalité des barrages [routiers].»

Didier Deramond a noté les risques pour les usagers de la route.

«Lorsqu’on rend des décisions comme ça, il y a toujours des conséquences, a-t-il rappelé. [...] Les outils sont utiles. Est-ce qu’il y a eu des gens qui ont abusé de ces outils ? On n’est pas dupes non plus. On sait que nous ne sommes pas parfaits. Sur des millions d’interventions annuelles, les policiers sont très professionnels. Il y a un mort par jour en moyenne sur les routes au Québec. Les chiffres et les statistiques sont là. C’est sûr qu’il va y avoir des conséquences.»

Le magistrat a accordé un délai de six mois avant l'applicabilité de son jugement.

«Il faut évoluer»

De son côté, la juge à la retraite, Nicole Gibeault, a vanté la qualité du jugement de 170 pages du juge Yergeau, lors de son intervention à LCN.

«On s’est rendu compte dans cette décision qui est extrêmement peaufinée et extrêmement fouillée - il y a beaucoup d’experts qui ont témoigné - que les gens de race noire qui conduisait des véhicules de luxe étaient dans la mire régulièrement de ces interpellations. Ça pouvait arriver plusieurs fois par année, contrairement aux blancs.»

«Régulièrement, il y en a trop et on n’avait pas de raison, a-t-elle poursuivi. [...]. Il faut évoluer avec la société.»

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.