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Uvalde : «il y a beaucoup de cadavres», les appels à l’aide troublants d’une fillette de 10 ans

Une fillette de 10 ans prise au piège dans une classe avec le tireur pendant la fusillade d’Ulvade a appelé à de multiples reprises le 911 pour obtenir de l'aide et a dû attendre de longues minutes avant d’être secourue. 

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Khloie Torres était enfermée dans le local 112 avec le tireur, des personnes blessées, d’autres enfants, et plusieurs cadavres de camarades. 

Le réseau CNN a diffusé des extraits des appels au 911 effectués par l’enfant, avec l’accord de sa famille, un appel permettant de montrer les graves lacunes de l’intervention policière. 

«Je suis dans la classe 112», dit la petite fille au répartiteur de la police en murmurant. «Dépêchez-vous, il y a beaucoup de cadavres.»

Le père de Khloie Torres, un ex-marine américain aurait appris à sa fille quoi faire dans ce genre de situation. 

CNN

Elle le répète au répartiteur qui lui demande de faire taire les autres enfants autour d’elle. 

«Je le fais, je le fais. Je dis à tout le monde de rester calme, mais personne ne m’écoute. Je sais comment gérer ces situations, mon père me l’a appris quand j’étais une petite fille. Envoyez de l’aide. L’un de mes enseignantes est toujours vivante, mais il a été touché», dit-elle à 12h12. 

Le répartiteur envoie le message aux dizaines de policiers, presque une centaine, qui font irruption dans l’école. Ils restent toutefois en retrait et n’entrent pas dans les classes où est le tireur. 

De plus en plus de policiers arrivent sur les lieux : ils étaient près de 400 à la fin de l’intervention. 

«Est-ce qu’ils sont encore loin?»

À 12h17, la petite Khloie rappelle le 911. «Est-ce que les policiers sont encore loin?»

«Ils sont à l’intérieur du bâtiment», répond le 911.

L’enfant devra toutefois encore faire preuve de patience. 

De l’autre côté de la porte, l’intervention policière est chaotique et désorganisée, montrent les caméras corporelles de policiers. 

Les policiers croient que le suspect s’est barricadé, et non pas qu’il est encore actif. 

Pourtant l’appel de l’enfant était clair : il s’agissait bien d’un tireur actif. 

Certains policiers ne semblaient même pas savoir qu’il y avait des blessés et des victimes. 

Dans le lot des forces d’urgence présentes sur place, un secouriste de la «border patrol» appelée en renfort, se plaint et s’inquiète : «Nous prenons trop de temps!». 

Ce n’est que vers 12h50 que les policiers feront irruption dans la classe. 

Intervention condamnée

L’intervention des forces de l'ordre a été condamnée, presque du début à la fin. 

Il est reproché aux différents corps policiers d'avoir changés les versions de l’événement depuis le massacre du 24 mai. 

Dix-neuf enfants et deux enseignantes ont été tués ce jour-là, mais au moins un adulte et un enfant ne sont pas morts immédiatement. 

Écoutez le segment Tout savoir en 24 minutes avec Alexandre Moranville-Ouellet sur QUB radio :

Pour le père de Khloie, Ruben Torres, les policiers sur place ont littéralement manqué de courage. Sa femme est du même avis. Il lui fait encore mal de penser à ces enfants qui étaient sans défense, laissés à eux-mêmes.

«Les enfants n'avaient pas de renfort là-dedans. Personne n'avait d'armure», a déclaré Jamie Torres à CNN.

La petite Khloie Torres a survécu. Les policiers ont finalement réussi à entrer dans la classe alors qu’elle était cachée sous un pupitre et qu’elle parlait, une fois de plus, au 911. 

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