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Aînés abandonnés pendant la pandémie: poursuite de 15M$ contre le gouvernement et des CHSLD

Les familles d’aînés qui ont été abandonnés à leur sort pendant la pandémie, selon les proches, réclament 15 M$ au gouvernement du Québec et à des résidences pour aînés des Laurentides, a appris TVA Nouvelles. 

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La poursuite judiciaire a été déposée à la cour en septembre dernier, mais elle passe maintenant de 9 M$ à 15 M$ puisque deux nouvelles familles réclament à leur tour des dommages punitifs. 

«Les familles en question ont toutes la même histoire, c’est-à-dire que ce sont des proches qui ont été enfermés dans des résidences et des CHSLD, et ces familles n’ont pas pu avoir accès à leurs proches. Ils étaient des aidants naturels, donc ces personnes se sont retrouvées enfermées pratiquement sans aucun soin et c’est ça qui a posé problème», explique Me Gérard Samet, l'avocat des familles, à TVA Nouvelles. 

Les poursuivants dénoncent également que des préposés aux bénéficiaires aient «circulé de résidence en résidence, à l’époque, sans aucune protection alors qu’on savait que c’était dangereux».

Le recours vise la Maison Wilfrid-Grignon de Saint-Adèle et le CHSLD Philippe-Lapointe de Sainte-Agathe-des-Monts. Le gouvernement du Québec, le groupe de santé Arbec et le CISSS des Laurentides sont aussi visés par le recours.

En point de presse, mardi en fin d'après-midi, des enfants d'aînés ont témoigné des derniers moments difficiles de leurs proches. 

Pour François Bourassa, les derniers moments de sa mère, Louise Caron, à la Maison Wilfrid-Grignon ont été «des moments de détresse».

«Elle me téléphonait en se demandant ce qu’il allait arriver. Ensuite, ce fut la dégringolade. Elle n’a eu aucune aide. On laissait des messages aux employés et ils ne rappelaient pas. Je n’ai pas pu parler à ma mère, ce qui était difficile. Il manquait de personnel. Ma mère m’a raconté qu’elle n’avait pas eu de bain depuis trois semaines et quand elle a eu la chance d’en avoir un, ils l’ont mis dans l’eau froide. Ma mère a vécu 12 ans avec moi et en la confiant à cette résidence pour aînés, on ne s’attendait pas à vivre des choses comme ça», témoigne-t-il. 

La situation était similaire pour Daniel Lefrançois, fils de Ghyslaine Murray.

«Les derniers moments de la vie de ma mère, en avril 2020, elle était en train d’agoniser. En ce qui a trait aux soins, j’estime qu’il y a eu de la négligence. Par exemple, j’ai téléphoné à sa chambre un soir, alors que les visites aux proches aidants comme moi étaient interdites, afin de prendre ses nouvelles. Elle m’a raconté qu’elle avait demandé de l’assistance à une préposée pour aller à la toilette et qu’elle attendait depuis 1h30. J’ai finalement joint une employée qui m’a répondu d’appeler le lendemain pour faire une plainte. Je n’en revenais pas de cette réponse. L’employée a fini par monter à la chambre, car j’ai insisté, et c’est là qu’elle a découvert ma mère dans ses excréments depuis 1h30», raconte-t-il.

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