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Chefferie: le PLQ doit prendre son temps

Photo courtoisie

Marc Tanguay vient à peine de prendre l’intérim du Parti libéral du Québec que les rumeurs vont déjà bon train sur qui pourrait se lancer dans la prochaine course au leadership. Or, le PLQ a surtout intérêt à ne pas précipiter l’exercice.

D’autant plus que rien ne presse, les prochaines élections sont loin et François Legault vient à peine d’être réélu avec une majorité confortable qui lui permettra probablement de gouverner à sa guise une partie de son mandat.

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Anglade

C’est le moment idéal pour les libéraux de dresser le bilan et d’amorcer une réflexion, devenue nécessaire, quant à l’avenir de leur formation.

Cet exercice n’a pas eu lieu sous Dominique Anglade, rappelons qu’elle a obtenu le poste après une course complètement sabotée par la pandémie de COVID-19 à la suite de la défection de l’ancien maire de Drummondville Alexandre Cusson et, à cause de la pandémie ou par manque de flair politique, n’a jamais réussi à prendre la place qui revient normalement au chef du Parti libéral du Québec.

Certains diront qu’elle a hérité d’une formation usée par le pouvoir, d’autres diront que le PLQ a perdu sa raison d’être lorsque le projet souverainiste s’est essoufflé. Dans les deux cas, le PLQ a surtout échoué à se renouveler suffisamment pour garder sa pertinence aux yeux d’une majorité de Québécois. Or, ce renouvellement sera un passage obligé pour l’avenir du parti.

L’avenir

D’abord pour définitivement tourner la page de l’ère Charest. La course à la chefferie du Parti conservateur du Canada semble montrer qu’une partie de la population québécoise nourrit toujours une aversion pour celui qui incarna le PLQ de 1998 à 2012. Celui-ci n’a récolté que 11,6 % des votes et n’est arrivé premier que dans 6 des 78 circonscriptions de la province.

Ensuite pour recentrer le parti sur les grands thèmes qui ont fait son succès par le passé, plus nécessaire que jamais, maintenant que la formation ne peut plus se contenter d’agiter l’épouvantail souverainiste pour faire le plein de vote. 

D’où l’intérêt pour l’exécutif libéral, qui n’a toujours pas défini les règles de la future course, de déclencher les hostilités le plus tard possible.

Les premiers coups de sonde montrent qu’aucun candidat pressenti ne jouit des appuis pour espérer un couronnement rapide, ce qui laissera à d’autres le temps de mûrir leur décision et de peaufiner leur vision pour le Québec sans devoir se presser pour en faire l’annonce.

Les risques d’une course tardive sont minimes. L’éclatement du parti, tout comme une fusion, semble peu probable. Reste à voir si le chef conservateur Éric Duhaime réussira à séduire des députés.

Or, le Parti libéral du Québec bénéficiera toujours dans quatre ans du même mode de scrutin qui rend le vote libéral ultra efficace en garantissant une vingtaine de sièges sur l’île de Montréal et son passé de gouvernance lui permettra sans doute d’être perçu comme une alternative possible à la CAQ.

Bien qu’étant l’opposition officielle, le PLQ doit prendre le temps de faire cet exercice de renouvellement, même si cela signifie sa mise en retrait pour un certain temps, si cela lui permet de revenir en force en retrouvant l’appui de son électorat francophone qui s’est réduit comme peau de chagrin ces dernières années. Reste à voir si le Parti libéral aura la patience de le faire.

Benoit Lapierre, Politologue Drummondville

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