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«Il ne s'est pas fait d'amis»: l’ex-président québécois du CA de Twitter écorche Elon Musk

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Le Québécois qui a négocié la vente de Twitter pour 44 milliards $ US au fantasque homme d’affaires Elon Musk se montre très critique de sa gestion du réseau social depuis son acquisition.

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«Dans les dernières semaines, il [Musk] ne s'est pas fait d'amis», a remarqué Patrick Pichette, ancien numéro 2 de Google, mercredi à Montebello, en Outaouais, en marge d’une annonce concernant la réserve naturelle Kenauk. 

Le Québécois a fait référence aux prises de position de Musk sur Twitter, dont une enjoignant les gens à voter républicain, qui ont eu pour effet de faire fuir des annonceurs, selon lui.

Le 31 octobre, le conseil d’administration de Twitter a été dissous par Elon Musk.

AFP

Pichette occupait jusqu’à tout récemment le poste de président du conseil d’administration de Twitter et il était aussi un des trois membre d’un comité spécial mis sur pied pour la transaction.

«Twitter c’est une plateforme publique, quand toi tu es le CEO [PDG] puis que tu dis votez républicain, c’est [spécial]. Il faut que je donne ça à Jeff Bezos [le fondateur d’Amazon], il a acheté le Washington Post, puis on ne l’entend pas», a-t-il fait valoir.

Le Québécois a aussi indiqué que la situation financière de Twitter s’était fortement détériorée depuis l’achat de Musk.

«Il y a 13 milliards $ US de dette, c’est entre 1 et 1,3 milliard $ US par année d’intérêt. On avait de la dette un petit peu [quand j’étais là] mais on avait beaucoup d’annonceurs», a-t-il estimé. 

Malgré tout, Pichette s’est dit fier d’être parvenu à vendre Twitter à Musk même si celui-ci a d’abord tenté d’éviter d’honorer son offre d’achat.

«J’avais une job à faire, représenter mes actionnaires. 44 milliards... il faut tout le temps se rappeler que 1 milliard c’est 1000 millions $. Je suis très heureux qu’un Québécois ait réussi à être sur le conseil d’administration de Twitter et à conclure cette transaction», a-t-il dit.

AFP

Legs à la société

La conférence de presse tenue au Château Montebello, en Outaouais, portait sur l’annonce d’une série de mesures visant à pérenniser la protection de Kenauk, une réserve naturelle considérée comme une des plus vastes et immaculées en Amérique du Nord. 

L’organisme Conservation de la nature Canada et l’Institut Kenauk ont annoncé mercredi la création d’un laboratoire permanent de recherche et d’éducation à ciel ouvert consacré à l’étude des impacts des changements climatiques sur le territoire.

En décembre, les familles de Pichette et de trois autres hommes d’affaires (Doug Harper, Dominic Monaco et Mike Wilson) ont fait don de 645 hectares de territoire, soit la moitié leurs propriétés riveraines, pour en faire une aire protégée.

Patrick Pichette s’est défendu de tirer aucun profit personnel de son implication dans Kenauk, acheté par son groupe pour 43,7 millions $ en 2014. Il a parlé d’un legs qu’il voulait faire aux futures générations. 

Il a estimé avoir sorti Kenauk in extremis «de la gueule du loup» en 2013, alors que la réserve suscitait la convoitise de promoteurs pour du développement immobilier.

Un jugement rapporté par le Journal en juillet avait levé le voile sur une rude bataille judiciaire que s’étaient livrée deux groupes de puissants hommes d’affaires pour le contrôle de la réserve.

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