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Cégep de Chicoutimi: le prof aux propos racistes finalement renvoyé

Cégeg de Chicoutimi

Photos Agence QMI et tirée de Facebook

Un professeur de cégep qui a échappé à un renvoi après des propos racistes visant un étudiant des Premières Nations vient finalement d’être congédié pour avoir menti afin de ne pas assister à une formation sur les réalités autochtones.

Le Cégep de Chicoutimi avait raison de renvoyer le professeur de philosophie Éric Tremblay, a tranché l’arbitre Marie-Ève Crevier. 

Le tribunal d’arbitrage a rejeté la semaine dernière le grief de son syndicat visant à annuler son congédiement. 

En 2019, M. Tremblay avait été renvoyé une première fois en raison de propos discriminatoires tenus envers un étudiant issu des Premières Nations. 

Dans le cadre d’un cours de philosophie, il avait dit à un étudiant autochtone «qu’il ne pouvait être autochtone en raison de ses yeux bleus et de ses cheveux blonds, que sa grand-mère avait été violée et que les revendications autochtones n’avaient pas leur place».

Sa peine avait toutefois été modifiée pour une suspension de 15 mois en février 2021, après que son syndicat a convaincu le tribunal d’arbitrage que le congédiement était trop sévère. 

M. Tremblay, qui était à l’emploi du cégep depuis 1996, pouvait donc recommencer à enseigner. Mais avant de réintégrer son poste, il devait obligatoirement suivre une formation au sujet des réalités autochtones le 5 mai 2021. 

Cette formation avait été demandée par le ministre responsable de la Lutte au racisme, Benoit Charrette, après la publication d’un article sur le sujet par Le Journal de Québec.

M. Tremblay ne s’est toutefois jamais présenté au cours en ligne personnalisé qui lui était destiné. 

Excuses bidon

Questionné à plusieurs reprises par le cégep afin de connaître les raisons de son absence, l’ancien enseignant a notamment mentionné qu’il n’avait pas pu se brancher à la réunion Zoom puisqu’il avait eu des problèmes avec la connexion internet et que le logiciel effectuait une mise à jour. 

Il n’avait également pas pu se lever à l’heure comme il subissait alors les effets secondaires de son vaccin contre la COVID-19.

Or, «le plaignant a non seulement omis de dire la vérité pour justifier son absence à la formation, mais il a construit une histoire dont l’invraisemblance m’apparaît flagrante», a précisé Me Crevier. 

L’ordinateur de Tremblay n’avait été ouvert qu’une heure et demie après le début prévu de la formation, selon une analyse informatique présentée par la direction du cégep. 

Il a seulement contacté son employeur à ce moment, malgré les appels répétés de celui-ci dans les minutes précédentes.

«Quiconque rencontrant des difficultés à se joindre à une formation qui lui est personnellement consacrée aurait d’emblée communiqué avec son employeur pour l’en informer», a mentionné Me Crevier.  

Après une rencontre avec Éric Tremblay le 7 mai 2021, l’administration du Cégep de Chicoutimi l’a suspendu avec traitement afin de mener une enquête. Il avait finalement été congédié le 22 juin 2021.

«On est satisfait de la décision du tribunal. On croyait que c’était la chose à faire et ça a été confirmé», a précisé au Journal Nathalie Richard, directrice des ressources humaines de l’établissement d’enseignement. 

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