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La crise du logement touche aussi les enfants

Photo d'Archives

Un sondage dévoilé cette semaine par l’Observatoire des tout-petits révèle que près de 9 personnes sur 10 considèrent que le gouvernement du Québec devrait investir davantage afin d’assurer l’accès à des logements abordables aux familles. Ce résultat n’a rien de surprenant considérant les effets désastreux de la présente crise du logement, la plus dure des dernières décennies, sur les personnes qui en sont victimes. Pour répondre aux besoins criants des familles locataires à faibles et modestes revenus, des investissements dans le logement social s’imposent. 

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Pénurie et instabilité

Partout au Québec, la pénurie de grands logements contribue à la détérioration rapide de la situation des familles locataires. De plus, le loyer moyen de ces grands logements augmente rapidement. Les rares encore disponibles sont hors de prix. Encore pire : lors de la recherche de logement, les familles, notamment celles à faible revenu, monoparentales, racisées ou autochtones, sont trop souvent victimes de discrimination. Face à une telle absence de choix, les familles locataires se voient obligées d’accepter de s’excentrer ou de vivre dans un logement trop cher, trop petit, insalubre et parfois tout ceci à la fois.

Or, l’instabilité résidentielle a un impact majeur sur le développement des enfants. On sait que l’insalubrité, la cherté des logements et les situations de surpeuplement affectent le développement ainsi que la santé mentale, cognitive, socioaffective et physique des enfants. Les situations de surpeuplement ont un impact sur la réussite éducative, le sentiment d’intimité et le stress en plus d’augmenter les risques de tensions familiales, voire d’abus.1

Investissements urgents

Pour que plus de logements soient réellement abordables et offrent une stabilité résidentielle aux familles locataires à faibles et modestes revenus, la solution la plus pérenne est que l’État investisse dans le logement social. Le marché privé doit également être encadré afin de mieux protéger les familles locataires contre les évictions et les hausses abusives de loyer. Si rien n’est fait, les logements encore abordables continueront d’être perdus par centaines.

Alors que les HLM, les coopératives et les organismes sans but lucratif (OSBL) d’habitation permettent notamment une offre adaptée aux besoins des familles, ce type de logements est actuellement financé au compte-goutte et représente à peine 10 % du parc locatif.

Force est de constater que le Québec n’est pas à la hauteur des engagements qu’il a pris à l’égard du droit au logement en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Il a le devoir de respecter, de protéger et de mettre en œuvre le droit à un lieu où l’on puisse vivre en sécurité, dans la paix et la dignité, ce qui dépasse largement le simple fait d’avoir un toit au-dessus de la tête2

Ne pas s’attaquer aux inégalités sociales, entre autres dans les conditions de logement, nuit à l’égalité des chances. Tous les enfants ont pourtant droit à leur plein développement. Le gouvernement de François Legault doit s’engager et agir pour que le droit au logement des enfants ne soit plus malmené. Cela ne peut se passer de politiques sociales suffisantes et adéquatement financées.

Photo courtoisie

Véronique Laflamme, porte-parole, Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

1 Mémoire à la commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, produit par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), mai 2020.

2 Le droit au logement tel que défini par l’ONU inclut la sécurité légale d’occupation, la capacité de paiement, l’habitabilité, la qualité des logements, la facilité d’accès et le respect du milieu culturel permettant l’expression de l’identité culturelle.

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