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Fentanyl: un opioïde puissant et dangereux, prévient le prêtre de la rue

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Photo Courtoisie, Cactus Montréal

Le faible coût du fentanyl sur la rue fait en sorte que cet opioïde est un véritable fléau, selon l’abbé et fondateur de l’organisme Notre-Dame de la rue, Claude Paradis. 

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En entrevue à QUB radio, celui qui a lui-même vécu dans la rue a précisé que le fentanyl est mélangé avec de la cocaïne. Par conséquent, des gens vont enlever de la cocaïne et la remplacer par du fentanyl fabriqué dans des laboratoires clandestins.

«Pour les gangs de rues, ça leur coûte beaucoup moins cher. Ils vont couper la cocaïne avec ça. Dans la rue on peut le vendre sous forme de comprimés, de timbres, mais surtout en poudre», a-t-il mentionné au micro de Richard Martineau.

M. Paradis, qui œuvre auprès des gens de la rue depuis plus de 30 ans, a ajouté que les opiacés synthétiques fabriqués en laboratoires sont 100 fois plus forts que la morphine et 50 fois plus forts que l’héroïne. 

«Ça affecte le système respiratoire et cela s’attaque aux neurones. Le vendeur ne sait même pas la quantité de fentanyl qu’il vend tandis que celui qui s’injecte prend la même dose que d’habitude menant ainsi à une surdose.»

Questionné à savoir si un citoyen devrait donner de l’argent à un itinérant, le prête de la rue préconise davantage de lui payer un repas. D’ailleurs, les gens ont de moins en moins d’argent sur eux, une situation qui a un impact sur les gens en situation d’itinérance.

«Ils font beaucoup moins d’argent qu’avant. Pendant la crise du COVID, les gens de la rue ne pouvaient même pas faire une épicerie, car les commerçants exigeaient une carte. Cette situation entraîne plus de vols et de violence. Il y a des personnes âgées qui ont peur de sortir en plein jour.»

Sans fin

M. Paradis affirme qu’un jeune qui sort du centre jeunesse à 18 ans sans formation, sans métier, sans adresse et sans argent se retrouvera dans la rue. 

«Il va se diriger au parc Émilie-Gamelin. Là-bas, des vendeurs du crime organisé vont lui proposer de vendre pour eux. Il sera arrêté, fera de la prison et va retourner dans la rue par la suite.

Du même élan, il ajoute que ces jeunes n’ont pas connu d’amour et n’ont pas été appréciés. 

«La plus grande pauvreté c’est de n’être personne pour au moins une autre personne. Ce que je trouve le plus difficile, c’est de faire les funérailles des jeunes qui vont mourir», ajoutant que du mois de janvier à septembre il avait 175 personnes décédées non réclamées à Montréal.

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