/news/society

Pénurie de médicaments: attention aux remèdes périmés, avertit l’Ordre des pharmaciens

PAUL DUCHARME PHOTOGRAPHE

Face à la pénurie de médicaments pédiatriques en pleine éclosion de maladies respiratoires, il peut s’avérer tentant de se tourner vers de vieux remèdes qui traînent dans le fond de la pharmacie pour soigner ses maux, faute de mieux. Une idée défendable, mais qui requiert de faire preuve de prudence.

• À lire aussi: Pénurie de médicaments: un million de bouteilles sur les tablettes d’ici une semaine

• À lire aussi: QS presse la CAQ de régler la pénurie de médicaments pour enfant

• À lire aussi: Ottawa obtient une garantie d’approvisionnement pour les médicaments pour enfants

D’emblée, l’Ordre des pharmaciens déconseille de consommer des médicaments périmés en tout temps, et suggère plutôt de les ramener en pharmacie.

«C’est comme si vous demandez à un laitier "est-ce qu’on peut boire du lait qui est passé date". C’est sûr qu’on prend un risque parce que la garantie d’efficacité, de sécurité qu’on a sur les médicaments, c’est jusqu’à la date d’expiration», a imagé le président de l’Ordre, Bertrand Bolduc, en entrevue avec l’Agence QMI.

Or, compte tenu de la pénurie de médicaments pour enfants qui perdure, combinée à la haute prévalence de maladies respiratoires, se tourner vers de vieux médicaments peut se défendre, a reconnu M. Bolduc.

«Le Tylenol est un bon exemple. Si vous avez quelque chose qui est expiré depuis peu, effectivement, ce n’est pas la fin du monde. On n’en a pas, donc on va faire une exception. Mais en général, on n’encourage pas ça», a-t-il pondéré.

Il est déjà arrivé par le passé que les pharmaciens conseillent de conserver des médicaments expirés, faute d’alternative, par exemple lors de la pénurie d’auto-injecteurs EpiPen en 2018. Il faut plutôt analyser les choses au cas par cas.

«Quand le produit est expiré, sa teneur peut changer. Si elle change, c’est parce qu’elle est dégradée en autre chose. Ça se peut que les produits de dégradation, parfois, ne soient pas parfaitement sécuritaires. Dans le cas des suspensions par exemple, les formes liquides, la dégradation se produit souvent plus vite», a expliqué le spécialiste.

Pour en avoir le cœur net, rien ne vaut de se renseigner. «C’est toujours bon de lâcher un petit coup de fil à la pharmacie, vérifier si tout est correct. Si c’est absolument nécessaire, on va faire avec», a formulé Bertrand Bolduc en guise de conclusion.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.