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Des «crimes de guerre systémiques» dénoncés en Ukraine

La Russie s'est livrée à des «crimes de guerre systémiques» partout où elle a déployé des troupes en Ukraine, a accusé lundi une haute responsable américaine, se disant confiante qu'à terme les responsables russes pourront en rendre compte devant la justice.

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«Nous disposons de preuves qui s'accumulent démontrant que cette agression (l'invasion russe, NDLR) s'est accompagnée de crimes de guerre systémiques commis dans toutes les régions où les forces russes ont été déployées», a déclaré à des journalistes Beth Van Schaack, diplomate chargée de la justice pénale internationale au département d'État, citant des exécutions sommaires, cas de torture ou de traitements inhumains ou encore le déplacement contraint de personnes et d'enfants.

«Lorsque vous constatez de tels actes systémiques, y compris la mise en place d'un vaste réseau de déplacements contraints, il est très difficile d'imaginer que ces crimes aient pu être commis sans que la responsabilité en incombe au plus haut de la chaîne de commandement», à savoir le président russe Vladimir Poutine, a-t-elle dit.

Les propos de la diplomate interviennent peu après que le parquet général ukrainien a annoncé lundi avoir trouvé quatre «sites de torture» utilisés par les Russes à Kherson (sud) avant leur retraite forcée de la région il y a une dizaine de jours.

La responsable, qui a évoqué un «nouveau Nuremberg», en référence aux procès des responsables nazis après la Seconde Guerre mondiale, s'est dite confiante dans le fait que les enquêtes menées actuellement, au sein de la Cour pénale internationale (CPI) par exemple, puissent aboutir à des mises en accusation en temps voulu.

La CPI a ouvert une enquête sur la guerre en Ukraine peu après l'invasion menée par la Russie le 24 février, et une équipe commune d'enquête européenne sur les crimes présumés commis dans ce pays a également été mise en place par la Lituanie, la Pologne et l'Ukraine avec le soutien de l'agence judiciaire européenne Eurojust.

«Reste à savoir à quelle vitesse ces différentes voies vers la justice pourront avancer et beaucoup dépendra de l'accès et la mise en détention» des personnes suspectées, a-t-elle relevé.

Quant à la création d'un tribunal spécial, réclamé par l'Ukraine, la diplomate a fait part «de discussions toujours en cours» notamment au sein de l'Assemblée générale de l'ONU, mais indiqué que les États-Unis étaient plutôt favorables aux «institutions existantes» pour juger d'éventuels crimes de guerre ou d'humanité commis en Ukraine.

Interrogée sur des vidéos qui selon Moscou prouvent que Kiev a exécuté plusieurs soldats russes, elle a insisté sur le fait que «les lois de la guerre s'appliquent à toutes les parties, tant l'État agresseur que l'Etat qui se défend».

Mais «lorsque vous constatez l'étendue de la criminalité des forces russes, elle est énorme comparé aux allégations contre les forces ukrainiennes», a-t-elle dit.

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