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Grand Marché: un autre coup de pouce financier et un soutien «indéfectible» du maire

Bruno Marchand se porte à la défense du Grand Marché qui peine à faire ses frais depuis son ouverture, il y a trois ans. Le maire de Québec lui offre son soutien «indéfectible» et juge que les critiques des partis d’opposition vont trop loin.  

Les élus de la Ville de Québec entérineront lundi soir des modifications à l’entente de gestion du Grand Marché, exploité par la Coopérative des horticulteurs, afin de lui donner un peu d’air et davantage de flexibilité dans les prochaines années. 

Outre une aide financière ponctuelle de 44 800 $ afin de bonifier l’animation et la promotion du site, les documents rendus publics lundi démontrent que la Ville donne un coup de pouce à la Coop en se privant de revenus. 

Elle accepte notamment de réviser à la baisse le montant de la redevance que la Coop devra verser à la Ville quand elle fera des profits, en la faisant passer de 35 % à 15 %. Depuis l’ouverture du Grand Marché (construit au coût de 24,8 M$), pas un seul sou n’a été perçu en vertu de cette clause. M. Marchand et Mélissa Coulombe-Leduc ont toutefois rappelé que la Coop paie des taxes foncières d’environ 465 000 $ par an. 

« On va chercher avec eux des solutions pour que ça fonctionne. On en a besoin pour l’économie locale, on en a besoin pour nos agriculteurs et pour les gens qui veulent acheter de producteurs locaux. Il est beau ce Grand Marché là, les gens y vont et vont continuer d’y aller davantage », a fait valoir le maire, déplorant les critiques de l’opposition. 

En matinée, la cheffe de Transition Québec et conseillère de Limoilou Jackie Smith réclamait des produits plus accessibles et disait vouloir payer moins cher que « 12 piastres pour six pommes».

« Ce n’est pas vrai qu’on aide le Grand Marché quand on le critique, ce n’est pas vrai qu’on aide le Grand Marché quand on dit qu’il n’y a personne parce que ce n’est pas vrai. Il y a 900 000 personnes qui sont passées là l’an passé. Ce n’est pas vrai qu’on aide le Grand Marché quand on dit qu’il y a juste des produits de niche et que ça coûte 12 $ s’acheter une pomme, c’est faux », a rétorqué le maire Machand en point de presse lundi après-midi. 

« On doit changer la formule »

Le nouveau chef par intérim de Québec 21, Patrick Paquet, n’a pas mâché ses mots en point de presse. Il a dit connaître des locataires qui prévoient quitter le Grand Marché en début d’année, en raison d’une hausse de loyer à venir. Selon lui, le maire Marchand doit rencontrer d’urgence la nouvelle direction de la Coop. 

« On doit changer la formule (...) Comme gardiens des taxes des citoyens de la Ville de Québec, on ne peut pas se permettre d’avoir une troisième coquille vide sur le site d’ExpoCité. On a un Grand Marché avec un bâtiment exceptionnel. On ne peut pas se permettre un gouffre financier », a-t-il témoigné, se disant prêt à donner une « dernière chance » au coureur. Mais il n’hésiterait pas à « tirer la plogue » si la situation ne s’améliore pas rapidement. 

Transparence réclamée

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Claude Villeneuve, estime lui aussi que la formule du Grand Marché est « manifestement encore à améliorer ». La Ville ne peut pas « saigner de l’argent à cet endroit-là à tout jamais », ajoute-t-il. Cependant, il juge que la situation est loin d’être catastrophique, rappelant que la pandémie a eu des impacts importants durant deux années sur trois, depuis l’ouverture de l’infrastructure. 

Il a également réclamé davantage de transparence. Les états financiers de la Coopérative des horticulteurs ne sont pas publics. 

« Nous ne sommes pas en difficulté »

De son côté, le nouveau directeur général du Grand Marché, Steve Ross, assure que « les finances vont bien » et que « l’équilibre » a été atteint dans la dernière année. Sa prédécesseure avait également affirmé la même chose en 2021 mais la Coop avait terminé l'année financière avec un léger déficit affirme-t-on aujourd'hui.

« Nous ne sommes pas en difficulté (financière). L’objectif de rouvrir l’entente, ce n’est pas parce que ça va mal, c’est parce qu’on a atteint un niveau qui permet de le faire et on veut regarder en avant. J’ai vu plein d’opportunités d’améliorations pour faciliter la croissance qu’on veut avoir. Si on peut avoir un petit coup de pouce pour nous aider à ce que aille plus vite encore, c’est ce qu’on fait », a confié M. Ross en entrevue. 

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